Les fermes des établissements de formation agricole publics, un lieu pour apprendre à naviguer dans le trouble et transiter vers l’agroécologie
Au cœur du dispositif d’enseignement agricole, les fermes des établissements sont aujourd’hui un avant-poste face aux crises écologiques. Ces fermes sont le lieu d’importantes frictions, entre des injonctions institutionnelles parfois contradictoires, et les intérêts variés de leurs travailleurs et...
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| Auteurs principaux: | , , |
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| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Sprog: | Français |
| Udgivet: |
2024
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| Fag: | |
| Online adgang: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Summary: | Au cœur du dispositif d’enseignement agricole, les fermes des établissements sont aujourd’hui un avant-poste face aux crises écologiques. Ces fermes sont le lieu d’importantes frictions, entre des injonctions institutionnelles parfois contradictoires, et les intérêts variés de leurs travailleurs et partenaires. À partir d’un protocole d’enquêtes pragmatiques original, basé sur des entretiens approfondis de travailleurs et de partenaires de six fermes d’établissements, cet article propose de mettre à jour ces frictions mais également les diplomaties qui peuvent apparaître entre les êtres humains et non-humains qui peuplent ces fermes. Plutôt que viser une restitution exhaustive, les résultats sont présentés sous forme de trois récits, de façon à rendre compte finement des cheminements personnels, des émotions et tensions vécues sur les exploitations. Le premier récit, sur la ferme du lycée agricole d’Aurillac (15), montre comment une réalité moderne fondée sur un rationalisme « naturaliste » vient percuter le projet agroécologique dans les interactions de la directrice d’exploitation avec ses partenaires ; le second récit à Merval (76) illustre une agroécologie qui passe par le renoncement, la frugalité et la convivialité, impliquant un engagement du corps et des sens et une recomposition du monde économique de l’exploitation ; de retour à Aurillac, le troisième récit ouvre de nouvelles perspectives pour la transition vers un monde où les êtres humains et non humains s’entremêlent et communiquent entre eux. Ensemble, ces trois récits donnent à voir un pluralisme ontologique dessinant une réalité à « géométrie variable » (Latour 2015). Pour éprouver le travail de diplomatie au cœur de ce pluralisme ontologique, les fermes des établissements pourraient être redéfinies comme des lieux d’expérimentation pour et avec les publics en formation, la communauté éducative et les partenaires agricoles et non-agricoles (« territoire écoles »). L’apprentissage par l’expérience permis par ces fermes est d’autant plus central qu’il se fait en situation de troubles, où il faut apprendre à naviguer avec les crises écologiques et ses aléas. |
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