La production de modernités urbaines « glocales » : explorant les failles dans le miroir

RésuméLes villes sont — et ont toujours été — des lieux fortement différenciés, qui expriment une hétérogénéité, des activités diverses, de la joie et du plaisir. Ceux sont des arènes pour la poursuite d’activités et de désire in-oppressé, mais aussi des espaces remplis de pouvoir systématique, de d...

Disgrifiad llawn

Wedi'i Gadw mewn:
Manylion Llyfryddiaeth
Cyhoeddwyd yn:Géographie, économie, société | 7 | 2 | 2005-06-01 | p. 155-176 | 1295-926x
Prif Awduron: Swyngedouw, Erik, Kaika, Maria
Fformat: Article ou chapitre numérique
Iaith:Français
Cyhoeddwyd: 2005
Pynciau:
Mynediad Ar-lein:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Disgrifiad
Crynodeb:RésuméLes villes sont — et ont toujours été — des lieux fortement différenciés, qui expriment une hétérogénéité, des activités diverses, de la joie et du plaisir. Ceux sont des arènes pour la poursuite d’activités et de désire in-oppressé, mais aussi des espaces remplis de pouvoir systématique, de danger, d’oppression, de domination et d’exclusion. Pouvoir jongler entre ces tensions paradoxales, l’émancipation et la perte de pouvoir, a été bien sûr le quotidien des urbanistes, designer, ingénieurs sociaux, architectes et d’une vaste liste de visionnaires depuis les débuts des temps d’urbanisation. Cependant, les villes — et en particulier, les villes modernes — ne rendent pas l’apprivoisement facile. Dans les dernières décennies, les paramètres de la vie urbaine se sont orientés dans de nouvelles directions et se sont déplacés rapidement hors des contraintes dans lesquels les conceptions modernes et les pratiques gestionnaires urbaines avaient essayé de les retenir. Cette contribution soutient, premièrement, que ce nouvel état urbain présente une réaffirmation dramatique des forces modernes plutôt que l’annonce d’une image, radicale, d’une nouvelle ville « post-moderne ». Dans une seconde partie, l’attention se tournera vers les nouvelles conditions et les failles qui infusent l’urbanisation contemporaine. La différentiation et la fragmentation à tous les niveaux sont devenues le résultat naturel de l’internationalisation, de la mondialisation et de l’imposition croissante d’une culture total(isante) de biens. En dernier lieu, cet article s’orientera vers des questions de justice sociale et urbaine dans cette nouvelle image de la ville. Alors que les plans urbains et d’urbanisation, durant la période d’après-guerre, se sont enveloppés dans une idée Rawlsienne d’une « Justice Équitable » autour de grands termes de redistribution, le mirage d’une ville et d’une région juste, à distribution équitable, a été pulvérisé par la géopolitique d’accumulation de capitaux, prenant une nouvelle route importante après les transformations cataclysmiques des deux dernières décennies. Nous en concluons donc que les dynamiques contradictoires d’urbanisation hypermodernes actuelles ouvrent toute sorte de failles et de fissures. L’image d’une ville reflétant la modernité est brisée, tel un kaléidoscope et tout sauf cohérent. Ce sont justement dans ces « Third Spaces » (troisièmes espaces) interstitielles que résident les possibilités pour une intervention créative et pour toute autre expérimentation innovatrice urbaine. Ce sont aussi dans ces endroits où se négocie et se promulgue les questions et les pratiques d’une justice différente, du droit à la ville, et d’une vie urbaine emancipatrice. En effet, à l’intérieur de ces interstices d’une logique commerciale d’urbanisation « glocale », se cache avec tout son potentiel énergétique, la possibilité d’une forme et d’une vie urbaine, véritablement humaine.