Le sens philosophique du discours sur l’éducabilité des « sourds-muets » au siècle des Lumières en France
Ce n’est certainement pas sans raison que l’on a privilégié, dans l’histoire des « sourds-muets », les deux grands instituteurs pionniers en France, J. R. Pereire et l’abbé Ch.-M. de l’Epée. Si les philosophes des Lumières s’intéressent au « prodige » réalisé par ceux-ci, c’est que les enjeux de l...
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| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Sprog: | Français |
| Udgivet: |
2018
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| Online adgang: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Summary: | Ce n’est certainement pas sans raison que l’on a privilégié, dans l’histoire des « sourds-muets », les deux grands instituteurs pionniers en France, J. R. Pereire et l’abbé Ch.-M. de l’Epée. Si les philosophes des Lumières s’intéressent au « prodige » réalisé par ceux-ci, c’est que les enjeux de leur aventure touchent à une des problématiques les plus fondamentales de la philosophie occidentale : qu’est-ce qui distingue le genre humain des animaux ? En cherchant dans la nature des animaux l’archétype de la nature humaine, les philosophes s’intéressent aux hommes vivant à l’écart de la société civile exactement comme le fameux « enfant sauvage de l’Aveyron », trouvé « dans les bois » à la fin du siècle. Les « sourds-muets » sont de là considérés comme des hommes vivant dans la société mais privés de relations avec les autres hommes. Sourds-muets » et aveugles ont fourni aux philosophes des Lumières des « preuves matérielles » pour critiquer les partisans des « idées innées » cartésiennes.
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