La parole prêtée. Comment parlent les images

Chacun de nous a l’expérience d’une parole adressée à des objets inanimés, auxquels nous attribuons, presque sans le vouloir, une personnalité humaine. Alfred Gell a fait de ce phénomène quotidien la base de sa théorie de l’attribution de subjectivité aux artefacts. L’anthropomorphisme ne se limite...

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Autor Principal: Severi, Carlo
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado: 2009
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Acceso en liña:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
id cairn-CAS_005_0011
record_format cairn
spelling cairn-CAS_005_0011CASCahiers d'anthropologie sociale https://shs.cairn.info/revue-cahiers-d-anthropologie-sociale-2009-1-page-11?lang=fr https://doi.org/10.3917/cas.005.0011 La parole prêtée. Comment parlent les images Severi, Carlo2009 artefactsGrèce archaïqueimageparolepragmatiquerites funérairesancient Greeceartifactsfunerary ritesimagepragmaticsspeechfre Cahiers d'anthropologie sociale | 5 | 1 | 2009-01-01 | p. 11-41 | 1951-5030 CAS_00544 Chacun de nous a l’expérience d’une parole adressée à des objets inanimés, auxquels nous attribuons, presque sans le vouloir, une personnalité humaine. Alfred Gell a fait de ce phénomène quotidien la base de sa théorie de l’attribution de subjectivité aux artefacts. L’anthropomorphisme ne se limite cependant pas toujours à une telle forme superficielle. Au sein de l’action rituelle, où se construit un univers de vérité distinct de celui de la vie quotidienne, la pensée anthropomorphique peut engendrer des croyances durables. On passe alors de la parole adressée à la parole prêtée aux artefacts. Dans cette perspective, l’article analyse la parole attribuée aux statues funéraires dans la Grèce ancienne. Plutôt que de s’en tenir aux seuls enjeux formels, l’article propose de saisir le statut de la représentation iconique à travers l’analyse de son contexte d’usage. Il identifie ainsi les transformations de l’acte verbal – ses prémisses comme ses effets – lorsque celui-ci est attribué à un artefact.It is a general human fact that we tend to attribute, in many social contexts, a status of living beings to inanimate objects. As Alfred Gell has shown, the analysis of this fact can provide for radically new perspectives in the field of the anthropology of art. This article deals with this attribution of subjectivity as it appears within a ritual context. Exploring the role played by the utterance of words, as it was virtually attributed to kouroi and korai in ancient Greek funerary rituals, this paper raises two questions : How aesthetic values relate to the ritual uses of an image ? How the virtual attribution of the faculty of speaking to an inanimate object can acquire an influence on the form and effects of a verbal act ? Finally, the article suggests that the answers offered to these questions could lead to a new way, inspired by pragmatics, to understand both ritual action and artifacts.Cairn free access
language Français
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