Les contradictions de la « démocratisation » scolaire
RésuméL’examen des principales caractéristiques des travaux portant sur les relations entre les institutions de recherche et les entreprises soulève des interrogations méthodologiques – le choix des cas étudiés et la capacité de généraliser à partir de ceux-ci – qui fournissent l’occasion de jeter u...
Shranjeno v:
| Auteurs principaux: | , |
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| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Jezik: | Français |
| Izdano: |
2003
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| Online dostop: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Izvleček: | RésuméL’examen des principales caractéristiques des travaux portant sur les relations entre les institutions de recherche et les entreprises soulève des interrogations méthodologiques – le choix des cas étudiés et la capacité de généraliser à partir de ceux-ci – qui fournissent l’occasion de jeter un regard critique sur le processus de production des connaissances en sciences sociales. On observe dans les travaux récents une nette tendance à choisir des objets de recherche similaires, les chercheurs retenant très majoritairement des cas de réussite impliquant un nombre restreint d’acteurs peu représentatifs de l’ensemble des pratiques. Nonobstant cette limitation, les résultats sont souvent généralisés à l’ensemble du phénomène étudié. Ainsi, la multiplication des études portant sur le MIT ou l’université Stanford laisse dans l’ombre l’examen des échecs en matière de collaboration entre l’enseignement supérieur et l’industrie. La focalisation des travaux sur les États-Unis indique que la répartition des travaux correspond à la hiérarchie des puissances mondiales dans le champ scientifique et que les chercheurs reprennent à leur compte le classement qui prévaut dans le champ qu’ils prennent pour objet. Sur ce plan, il est clair que le statut élevé d’un cas au sein du groupe étudié exerce une rétroaction positive sur le statut de celui qui l’étudie.Un idéal type de la relation entre une entreprise et une institution de recherche se dégage de cette analyse : une équipe de chercheurs de haut niveau travaillant dans le secteur biomédical et appartenant à une université américaine « prestigieuse », qui poursuit des activités de recherche pour ou en collaboration avec une grande entreprise ou une PME de haute technologie du même domaine, et qui possède le personnel et les expertises nécessaires à une relation fructueuse ainsi qu’à l’utilisation optimale des résultats obtenus. Cet idéal type ne permet pas plus de cerner les relations entre les différents acteurs de l’innovation que de saisir la diversité des liens entre entreprises et institutions d’enseignement supérieur.On peut se demander comment les travaux étudiés parviennent alors malgré tout à s’imposer sur le plan scientifique. Une part de l’explication est d’ordre méthodologique : les cas retenus peuvent être considérés comme exemplaires dans la mesure où, pris un à un, ils analysent quelques-unes des caractéristiques principales du phénomène étudié. C’est pris collectivement comme corpus qu’ils posent problème car ils ne permettent pas de produire une connaissance générale du phénomène. Un second aspect de l’explication tient au faible degré d’autonomie des sciences sociales et à la propension des chercheurs à accepter des objets empiriques qui s’inscrivent « naturellement » dans les préoccupations gouvernementales : les histoires de succès, le secteur biomédical et la biotechnologie, les universités de pointe, etc. |
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