Scarlett BEAUVALET-BOUTOUYRIE, Être veuve sous l’Ancien Régime, Paris, Belin, 2001, 415 p.
RésuméLes idées d’une origine fétale des maladies dégénératives adultes et d’une programmation dès l’aube de l’existence de la santé du grand âge ou de la survie sont au cœur d’un vaste débat scientifique. Ces idées sont importantes pour appréhender les variations historiques de la longévité humaine...
Salvato in:
| Autore principale: | |
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| Natura: | Article ou chapitre numérique |
| Lingua: | Français |
| Pubblicazione: |
2003
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| Accesso online: | Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Riassunto: | RésuméLes idées d’une origine fétale des maladies dégénératives adultes et d’une programmation dès l’aube de l’existence de la santé du grand âge ou de la survie sont au cœur d’un vaste débat scientifique. Ces idées sont importantes pour appréhender les variations historiques de la longévité humaine, selon les perspectives suggérées par Robert Fogel et Dora Costa. Peut-on y déceler une manière de rendre compte (au moins partiellement) des disparités existant entre sexes ? Cet article a pour objectif de mener une étude exploratoire sur les spécificités sexuelles de la santé adulte, conçues comme des effets de la situation prévalant aux jeunes âges.
Dans cet article, nous travaillons sur un échantillon de 16 000 individus, issus de familles aristocratiques européennes et nés dans les années 1800-1880, pour lesquels nous utilisons une méthode de suivi historique des cohortes de naissances. Grâce à une analyse régressive multivariée où l’espérance de vie individuelle est conçue comme une variable expliquée par un certain nombre de variables prédictives nominales, nous obtenons confirmation du fait que l’espérance de vie adulte est modulée par les évènements et les conditions du début de vie. Nous voyons notamment que des variables telles que le mois de naissance ou l’âge du père lors de la conception de l’enfant ont des effets statistiquement significatifs sur l’espérance de vie à 30 ans des femmes, mais non sur celle des hommes. La distribution des longévités féminines selon le mois de naissance obéit à une courbe bimodale (ou en M), alors que le facteur saisonnier affecte peu les hommes. En outre, les filles conçues par un père âgé de plus de 45 ans ont des espérances de vie adulte significativement raccourcies, ce qui n’est pas le cas de leurs homologues masculins. L’existence de décès d’enfants dans la fratrie (souvent conçue comme un indicateur approximatif de la présence d’infections enfantines dans la famille) affecte négativement et significativement l’espérance de vie adulte des filles et des garçons, du moins pour les cohortes les plus récentes (1855-1880), suggérant un accroissement possible de la sélectivité de la mortalité précoce. De fait, les résultats de cette étude plaident en faveur d’un approfondissement des recherches scientifiques sur l’idée d’une programmation au début de l’existence de la longévité adulte. |
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