Les procès et l’enseignement de Wittgenstein, et la « figure de l’enfant » romantique chez Cavell
Dans « Time and place for Philosophy », Cavell (2008) discute de la « lecture politique » de Wittgenstein (attribuée à Kripke) et illustrée par ce qu’il appelle la « scène d’instruction » des Recherches philosophiques (Wittgenstein 2005 : §217) et par « des épisodes dans la vie de Wittgenstein qui...
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| Auteurs principaux: | , , |
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| Formato: | Article ou chapitre numérique |
| Idioma: | Français |
| Publicado em: |
2018
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| Acesso em linha: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Resumo: | Dans « Time and place for Philosophy », Cavell (2008) discute de la « lecture politique » de Wittgenstein (attribuée à Kripke) et illustrée par ce qu’il appelle la « scène d’instruction » des Recherches philosophiques (Wittgenstein 2005 : §217) et par « des épisodes dans la vie de Wittgenstein qui semblent accréditer une telle lecture ». Cavell fait référence à « l’histoire bien connue de Wittgenstein qui frappe un élève », dans laquelle le pouvoir est exclusivement du côté de l’enseignant. Wittgenstein a suivi une formation d’enseignant à Vienne en 1919 et a enseigné dans une école d’un village rural en Autriche jusqu’en 1926. Il a démissionné brusquement après l’incident qui l’a impliqué dans un cas de maltraitance sur un enfant et qui a débouché sur un procès qui s’est tenu à Gloggnitz dès le 17 mai 1926, et qui a duré plusieurs mois. Le juge a demandé une expertise psychiatrique de Wittgenstein dont le rapport a disparu. « L’incident Haibauer », comme on a fini par l’appeler, constitue un épisode central et toujours brûlant dans la propre constitution psychologique de Wittgenstein et son évolution éthique — un incident sur lequel il est revenu des années plus tard comme un des fondements pour sa « confession ». En me distinguant aussi bien de la lecture romantique de la figure de l’enfant par Cavell, que de la philosophie de l’enfant de Matthews (2006), j’adopte une lecture historique de Wittgenstein sur la figure de l’enfant. Ma ligne argumentative tente d’éviter une essentialisation de l’enfant et une forme d’adultocentrisme, en historicisant la subjectivité de l’enfant. Le développement de l’argumentation entend se centrer sur et explorer l’incident biographique auquel Cavell réfère de manière plus détaillée du fait de la lumière qu’il jette sur la sensibilité didactique de Wittgenstein et son état d’esprit (en particulier ses pensées suicidaires) durant la période où il a été instituteur et durant laquelle il a été en relation avec les enfants autrichiens à qui il enseignait. Cette approche historique a pour effet de mettre en relation autant la didactique que « la discipline » de son enseignement avec le contexte culturel de son époque, c’est-à-dire l’Autriche des années 20 en prise avec la réforme éducative de Glöckel qui introduisait une pédagogie inspirée de principes socio-démocrates. Cet article aimerait aussi imaginer ce que pouvait bien contenir de pertinent le rapport psychiatrique suggérant le diagnostique d’un Wittgenstein souffrant, durant son enfance, d’autisme et du syndrome d’Asperger, pour comprendre ses difficultés à apprendre à parler durant sa phase « solipsiste », son combat pour soutenir une vie sociale satisfaisante, et son intérêt philosophique pour l’acquisition du langage. |
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