Myciculture urbaine à Bafoussam (Cameroun) : un système socio-écologique discret mais émergent pour la durabilité urbaine

Cet article analyse la myciculture urbaine à Bafoussam (Cameroun) comme un système socio‑écologique émergent, inscrit dans un contexte de forte urbanisation, de précarité infrastructurelle et de gestion déficiente des déchets organiques. L’étude mobilise le cadre des systèmes socio‑écologiques d’Ost...

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Xuất bản năm:URI:https://journals.openedition.org/vertigo,
Những tác giả chính: Tsoata, Francis Tangmouo, Foukou, Nadia Suzanne Mache
Định dạng: Article ou chapitre numérique
Ngôn ngữ:Français
Được phát hành: VertigO 2026
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Tóm tắt:Cet article analyse la myciculture urbaine à Bafoussam (Cameroun) comme un système socio‑écologique émergent, inscrit dans un contexte de forte urbanisation, de précarité infrastructurelle et de gestion déficiente des déchets organiques. L’étude mobilise le cadre des systèmes socio‑écologiques d’Ostrom, les cycles adaptatifs de Holling et l’approche multi‑niveaux de Geels. Ces cadres permettent d’interpréter la myciculture comme une innovation de niche née d’un vide institutionnel et évoluant par réorganisation progressive face aux perturbations (coupures d’eau et d’électricité, ruptures d’approvisionnement, périssabilité du produit). Ils éclairent également les conditions nécessaires à une mise à l’échelle dans d’autres villes. À partir d’une immersion de quatre mois au sein du Groupe d’Initiative Commune (GIC) Champignon, combinant des entretiens approfondis et répétés avec le promoteur et son responsable de production ainsi que des observations systématiques, l’analyse montre comment cette activité transforme des contraintes urbaines en ressources productives. Les résultats indiquent que la valorisation des déchets biodégradables constitue le cœur écologique du système, articulé à une logique d’économie circulaire où substrats, compost et charbon écologique forment une boucle de réutilisation. La myciculture génère des emplois, diffuse des savoirs techniques et offre une activité accessible à diverses catégories sociales. Le modèle repose sur l’autofinancement, le réinvestissement continu et une diversification des produits. Toutefois, la filière demeure vulnérable : dépendance à l’importation du mycélium, coûts logistiques élevés, contraintes énergétiques et faible reconnaissance institutionnelle. La myciculture apparaît ainsi comme un levier discret mais prometteur pour une transition urbaine durable, inclusive et circulaire dans les villes des Suds.