Ressources mellifères disputées : une question d’accès entre ethos, savoir et pouvoir
Les causes majeures du déclin des abeilles ont été abondamment documentées ces dernières décennies à travers une série de travaux sur les effets des pesticides et des parasites. En revanche, la question des ressources en nectar et en pollen indispensables aux abeilles et à la production de miel a ét...
Salvato in:
| Pubblicato in: | URI:https://journals.openedition.org/vertigo, |
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| Autori principali: | , |
| Natura: | Article ou chapitre numérique |
| Lingua: | Français |
| Pubblicazione: |
VertigO
2025
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| Soggetti: | |
| Accesso online: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Riassunto: | Les causes majeures du déclin des abeilles ont été abondamment documentées ces dernières décennies à travers une série de travaux sur les effets des pesticides et des parasites. En revanche, la question des ressources en nectar et en pollen indispensables aux abeilles et à la production de miel a été essentiellement explorée du point de vue de leurs disponibilité et qualité. Cet article vise à prolonger cette réflexion en mettant l’accent sur les modalités d’accès à ces ressources, renvoyant aux formes de leur appropriation sociale, juridique et économique par les apiculteurs. À partir d’enquêtes de terrain conduites auprès de ces derniers, nous montrons que l’accès à ces ressources non produites par les apiculteurs, dotées d’un statut juridique mal défini et dépourvues de réglementation quant à leur modalité d’usage et de partage, s’effectue sur la base d’un ethos. Fondé sur un code de bonnes conduites plus ou moins partagé, celui-ci permet de réguler les rapports sociaux de production entre apiculteurs et de faciliter leur cohabitation, y compris avec les autres acteurs, dans un même territoire. Mettre en lumière cet ethos revient à expliciter ce qui est de l’ordre de l’implicite et à rendre visible les pratiques discrètes, les non-dits et les rapports de savoirs et de pouvoir qui sous-tendent notamment la question des emplacements des ruchers. La pression accrue sur la ressource à laquelle nous assistons ces dernières années du fait du changement climatique, de l’augmentation du nombre de ruches et d’apiculteurs et qui transparaît tout particulièrement à l’occasion de la transhumance, renforce les phénomènes de concurrence et de compétition. Elle pose la question de la robustesse de cet ethos et de sa capacité à réguler les tensions de plus en plus vives au sein du monde apicole. |
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