Étudier la maternité de femmes mahoraises à la Réunion et à Mayotte : une chercheuse locale face aux enjeux genrés et ethnicisés de la proximité

Faire de l’ethnographie en contexte mahorais à la Réunion et à Mayotte sur les pratiques de la maternité comporte de nombreux biais et difficultés pour une chercheuse issue de ce groupe socioculturel. Le choix de cette proximité s’avère une stratégie opérante mais soulève également des tensions soci...

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Dans:URI:https://journals.openedition.org/urmis,
Auteur principal: Ahmed, Zakia
Format: Article ou chapitre numérique
Publié: Cahiers de l’Urmis 2020
Sujets:
Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Description
Résumé:Faire de l’ethnographie en contexte mahorais à la Réunion et à Mayotte sur les pratiques de la maternité comporte de nombreux biais et difficultés pour une chercheuse issue de ce groupe socioculturel. Le choix de cette proximité s’avère une stratégie opérante mais soulève également des tensions sociales, identitaires, ethnicisées et genrées qui se jouent à une échelle locale et globalisée, au-delà de l’enquête anthropologique. L’article analyse ces écueils, la façon dont ils induisent de nouveaux lieux d’enquête pour mener à bien la recherche, ainsi que les ambivalences et stéréotypes liés à la posture de la chercheuse locale face aux discours, attitudes et catégorisations sociales de ses enquêtées. Ayant objectivé les rapports sociaux de sexe, les asymétries de classe et les tabous liés au corps féminin dans le milieu mahorais étudié, l’article analyse le processus d’ethnicisation dont une chercheuse locale peut faire l’objet, à travers le qualificatif « blanc.he/occidental.e », qui devient un stigmate selon les contextes d’interaction, et qui lui est associé dans les représentations sociales de ses interlocutrices.