Cavafy homoérotique entre scientia sexualis et ars erotica. Du discours « médical » de la critique à la subversion poétique de la maladie
Constantin Cavafy est le premier poète majeur des lettres grecques modernes à publier une œuvre d’inspiration ouvertement homoérotique, à une époque d’hétérosexualité triomphante marquée en outre par l’avènement de ce que Michel Foucault appelle la scientia sexualis. La médecine s’intéresse à la sex...
Uloženo v:
| Vydáno v: | URI:https://journals.openedition.org/transtexts, |
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| Médium: | Article ou chapitre numérique |
| Vydáno: |
Transtext(e)s Transcultures
2017
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| On-line přístup: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Shrnutí: | Constantin Cavafy est le premier poète majeur des lettres grecques modernes à publier une œuvre d’inspiration ouvertement homoérotique, à une époque d’hétérosexualité triomphante marquée en outre par l’avènement de ce que Michel Foucault appelle la scientia sexualis. La médecine s’intéresse à la sexualité et devient une science ajustée aux règles morales : l’homosexuel est non plus seulement un criminel pour la société mais avant tout un malade. L’Alexandrin s’attire les foudres d’une partie de la critique qui s’inspire du discours médical, de la psychopathologie, de la psychiatrie et de la psychanalyse, pour nourrir une rhétorique homophobe. De son côté, Cavafy fait de la maladie un thème récurrent, toujours corrélé à l’homoérotisme. Il n’intériorise pas, comme d’autres (notamment Proust), la vision coupable et maladive de l’homosexualité qui domine alors, mais il la subvertit afin de dénoncer les préjugés, de questionner la norme, et de proposer, in fine, son propre ars erotica.Constantine P. Cavafy is the first major poet of Modern Greek letters to publish poetry of openly homoerotic inspiration, at a time of triomphant heterosexuality and also marked by the advent of what Michel Foucault calls scientia sexualis. Medicine deals with sexuality and becomes a science adjusted to moral rules : the homosexual is not only considered as a criminal to society but above all as a sick person. The Alexandrian poet attracts the wrath of many literary critics inspired by the medical discourse, psychopathology, psychiatry, psychoanalysis, which construct an homophobic rhetoric. For his part, Cavafy uses illness as a recurrent theme, always correlated with homoeroticism. He does not internalize, like others (including Proust), the guilty and morbid vision of homosexuality which was prominent then, but he subverts it, denouncing prejudices, questioning the norm and building, in fine, his own ars erotica |
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