Banquets et anti-banquets dans l’œuvre shakespearienne
Se nourrir est à l’évidence à la fois un besoin physiologique propre à tout être vivant et, chez l’homme, une pratique culturelle, inscrite en un temps et un lieu donnés, susceptible d’être représentée au théâtre. De fait, le verbe manger (« eat ») est attesté dans la quasi-totalité des pièces de Sh...
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| 出版年: | URI:https://journals.openedition.org/transtexts, |
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| 第一著者: | |
| フォーマット: | Article ou chapitre numérique |
| 言語: | Français |
| 出版事項: |
Transtext(e)s Transcultures
2016
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| オンライン・アクセス: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| 要約: | Se nourrir est à l’évidence à la fois un besoin physiologique propre à tout être vivant et, chez l’homme, une pratique culturelle, inscrite en un temps et un lieu donnés, susceptible d’être représentée au théâtre. De fait, le verbe manger (« eat ») est attesté dans la quasi-totalité des pièces de Shakespeare, mais lorsqu’il n’est pas employé métaphoriquement, il est rarement suivi d’un complément. Peut-être est-ce parce que l’homme passe parfois du statut de prédateur à celui de proie, dont se repaissent ses semblables. Macbeth met en scène de tels banquets contre-nature, ou anti-banquets, qui témoignent de la perversion de l’ordre naturel (ou perçu comme tel) en Ecosse. L’imaginaire shakespearien transforme ainsi l’alimentation, essentielle au maintien de la vie, en un acte mortifère, qui constitue une forme ultime de transgression.No living creature is exempt from the necessity of feeding themselves, but in the case of mankind, eating is a cultural practice that varies from time to time and place to place and, as such, can be represented on stage. Indeed, the verb “eat”, with very few exceptions, occurs in all of Shakespeare’s plays, but when it is not used metaphorically, it rarely has an object. The reason might be that sometimes man is eaten rather than eats, and falls prey to his fellow creatures. Macbeth stages such unnatural banquets, or anti-banquets, which reveal that what is seen as the natural order has been perverted. Shakespeare’s imagination transforms a life-giving act into a deadly one, which stands for an ultimate form of transgression. |
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