Spiritualité, politique et violence sexuelle dans Les Argonautes de Maggie Nelson
Dans Les Argonautes, récit d’inspiration autobiographique sur la maternité et l’hétéronormativité, Maggie Nelson fait renaître le traumatisme du féminicide de sa tante déjà évoqué dans deux œuvres précédentes Une Partie rouge (2007) et Jane, un meurtre (2005). Un harceleur, obsédé par ce crime et pa...
محفوظ في:
| الحاوية / القاعدة: | URI:https://journals.openedition.org/transtexts, |
|---|---|
| المؤلف الرئيسي: | |
| التنسيق: | Article ou chapitre numérique |
| اللغة: | Français |
| منشور في: |
Transtext(e)s Transcultures
2025
|
| الوصول للمادة أونلاين: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| الملخص: | Dans Les Argonautes, récit d’inspiration autobiographique sur la maternité et l’hétéronormativité, Maggie Nelson fait renaître le traumatisme du féminicide de sa tante déjà évoqué dans deux œuvres précédentes Une Partie rouge (2007) et Jane, un meurtre (2005). Un harceleur, obsédé par ce crime et par ses écrits, suit Nelson sur le campus où elle enseigne. Déclenchant des affects d’anxiété et de paranoïa, il incarne l’embarrassante persistance d’une force négative que l’écriture cherche à neutraliser sans y parvenir, une oppression réelle qui vient mettre en péril ce que la forme emprunte à la rhétorique du développement personnel (Blum, 2020). La réalité politique de la violence dont le harceleur sert de métaphore déjoue aussi l’important intertexte théorique issu de l’œuvre d’Eve Kosofsky Sedgwick et sa mise en question d’une « herméneutique du soupçon » au profit de pratiques théoriques réparatrices et positives (Sedgwick, 2002). Nous mettrons en relation l’épisode du stalker avec les contradictions d’une œuvre partagée entre un rapport méditatif à la violence sexuelle et un désir de l’éradiquer. L’épisode met en jeu, d’une part, une fibre spirituelle inspirée du bouddhisme et d’autre part, l’éloge d’un art de la cruauté qui lie esthétique et reconnaissance des rapports de force. |
|---|