Auto-censure et dé-censure dans Nègre de personne de Roland Brival et The Pain Tree d'Olive Senior
Roland Brival et Olive Senior sont tous les deux des auteurs caribéens contemporains issus de sociétés coloniales hautement dirigistes et conformistes et cependant, ils pratiquent la dé-censure. Leurs œuvres sont en effet des outils et des espaces dans lesquels l’indicible et l’inaudible vont pouvoi...
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| 發表在: | URI:https://journals.openedition.org/transtexts, |
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| 主要作者: | |
| 格式: | Article ou chapitre numérique |
| 語言: | Français |
| 出版: |
Transtext(e)s Transcultures
2020
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| 在線閱讀: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| 總結: | Roland Brival et Olive Senior sont tous les deux des auteurs caribéens contemporains issus de sociétés coloniales hautement dirigistes et conformistes et cependant, ils pratiquent la dé-censure. Leurs œuvres sont en effet des outils et des espaces dans lesquels l’indicible et l’inaudible vont pouvoir être exprimés, au travers d’un certain nombre de stratégies d’écriture clairement identifiables comme relevant d’une esthétique caribéenne. Les deux romans présentés dans cet article sont tous deux récents ; il s’agit, d’une part, de Nègre de personne que Brival publie en 2016 et qui est très singulier en ce sens qu’il met en scène une partie de la vie du poète guyanais Léon Gontran Damas sous la forme d’un récit autobiographique. Dans ce roman le poète raconte son voyage à New York en 1939, et, c’est en ce sens qu’il est singulier, Brival y substitue son écriture et sa voix à celles de Damas. Le deuxième roman publié en 2015 par Olive Senior est une évocation de plusieurs récits de vie, tous mis en relation par deux axes récurrents et incontournables dans chaque évocation, une femme, la mère de l’auteur, et un arbre dont le roman porte d’ailleurs le nom The Pain Tree. Dans ces deux œuvres, la censure qui touche aussi bien l’affect que la langue et l’écriture, n’est pas celle que subissent leurs auteurs ; elle est celle qu’ont subie d’une part Léon Gontran Damas et d’autre part les personnages d’Olive Sénior. Tous sont victimes d’un empêchement, d’une impossibilité, d’une censure de leur parole et de leur écriture due aux restrictions des droits des sujets coloniaux, à la rigidité d’une institution et de sociétés marquées par le non-humanisme esclavagiste et qui impose « l’amnésie comme méthode » (Césaire Discours sur le colonialisme, p.91). L’article est également fondé sur le concept d’imposition culturelle avancé par le médecin-psychiatre et écrivain Frantz Fanon qui démontre dans son ouvrage Les Damnés de la terre comment le monde colonial repose sur la violence, y compris culturelle. Ainsi, cette étude a aussi pour ambition d’étudier la censure comme forme de violence coloniale qui prévient autant qu’elle réprime toute production qui n’obéit pas à cette imposition culturelle. L’objet principal de ce travail est donc de démontrer comment les œuvres de Roland Brival et Olive Senior participe d’une dé-censure des voix et des œuvres littéraires caribéennes de la première moitié du XXe siècle. |
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