Animer les morts. Le portrait photographique funéraire chez les Éwé

Les Éwé, présents au Togo, au Ghana et au Bénin, marquent les funérailles d’un portrait photographique du défunt. Le portrait hiératique de la personne décédée est une photographie réalisée de son vivant, souvent retouchée, embellie et encadrée par le talent d’un photographe professionnel afin de sa...

Deskribapen osoa

Gorde:
Xehetasun bibliografikoak
Argitaratua izan da:URI:https://journals.openedition.org/transbordeur,
Egile nagusia: Micheli, C. Angelo
Formatua: Article ou chapitre numérique
Hizkuntza:Français
Argitaratua: Transbordeur 2024
Gaiak:
Sarrera elektronikoa:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Deskribapena
Gaia:Les Éwé, présents au Togo, au Ghana et au Bénin, marquent les funérailles d’un portrait photographique du défunt. Le portrait hiératique de la personne décédée est une photographie réalisée de son vivant, souvent retouchée, embellie et encadrée par le talent d’un photographe professionnel afin de satisfaire le défunt et d’assurer les vivants du respect des rites. Le portrait, grâce aux propriétés mêmes de la photographie, garantit la présence du défunt par une image vivante et facilite son passage vers le monde des ancêtres – considérés comme vivants pour les Éwé –, monde de l’au-delà en lien perpétuel avec celui de l’ici-bas. Il accompagne les cérémonies (vodou et/ou catholique), il est également présenté aux côtés du corps mort, permettant dès lors un portrait mortuaire singulier. On le retrouve dans les faire-part, les annonces télévisées et sur les réseaux sociaux, il sert aussi de modèle pour la réalisation du portrait peint ou sculpté du tombeau. Si l’effigie funéraire était autrefois l’apanage des familles aisées, notamment chez les Yoruba auxquels les Éwé ont emprunté plusieurs traits culturels et esthétiques, le portrait funéraire permet aujourd’hui au plus grand nombre de célébrer ses défunts.