Le Heidegger de Pascal Quignard, un hybride théorique
Les essais de Pascal Quignard présentent un curieux exemple d’hybridation théorique : la conception par l’écrivain d’une emprise de la langue sur l’ensemble de l’expérience humaine résulte en sous-main d’un amalgame conceptuel et doctrinal entre la philosophie de Heidegger et la psychanalyse de Laca...
Wedi'i Gadw mewn:
| Cyhoeddwyd yn: | URI:https://journals.openedition.org/trans, |
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| Prif Awdur: | |
| Fformat: | Article ou chapitre numérique |
| Cyhoeddwyd: |
TRANS-
2024
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| Pynciau: | |
| Mynediad Ar-lein: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Crynodeb: | Les essais de Pascal Quignard présentent un curieux exemple d’hybridation théorique : la conception par l’écrivain d’une emprise de la langue sur l’ensemble de l’expérience humaine résulte en sous-main d’un amalgame conceptuel et doctrinal entre la philosophie de Heidegger et la psychanalyse de Lacan, dont il est possible de retracer l’élaboration intellectuelle dans les méandres du texte, sans qu’apparaisse jamais la moindre référence à leurs noms ou à leurs œuvres. Loin que ce croisement s’opère chez l’essayiste comme une simple mise en relation de leurs pensées, qui préserverait l’intégrité de chacune d’entre elles, celles-ci se voient fondues l’une dans l’autre au prix de transpositions lexicales, de mises en équivalence conceptuelles, d’inflexions sémantiques et même d’altérations doctrinales, jusqu’à former un spécimen théorique nouveau. L’hybridation théorique se présente ainsi dans l’essayisme quignardien comme un véritable mode de création de pensée, entièrement implicite, qui procède moins à la connexion qu’à l’interpénétration de systèmes conceptuels différents, aboutissant à la pleine intégration d’éléments théoriques disparates dans un nouveau système. |
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