Coup de foudre à Isma, Crébillon néologue

Le XVIIIe siècle voit la spécialisation de l’expression coup de foudre, pour aboutir à notre usage contemporain. L’étiquette « coup de foudre » existait depuis longtemps, pour désigner toutefois un coup du sort, un événement imprévu qui viendrait contrarier, anéantir des projets. L’expression, déjà...

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Publicado en:URI:https://journals.openedition.org/trans,
Autor Principal: Wallyn-Duguet, Anne-Charlotte
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado: TRANS- 2023
Sujets:
Acceso en liña:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripción
Résumé:Le XVIIIe siècle voit la spécialisation de l’expression coup de foudre, pour aboutir à notre usage contemporain. L’étiquette « coup de foudre » existait depuis longtemps, pour désigner toutefois un coup du sort, un événement imprévu qui viendrait contrarier, anéantir des projets. L’expression, déjà lexicalisée, possédait donc un emploi spécifique. En parallèle, les comparaisons entre un événement soudain et la chute de la foudre apparaissent déjà régulièrement, entre autre pour évoquer le moment de la rencontre amoureuse. Cet article se propose donc de cerner le moment de la transition, où l’étiquette se voit réattribuer un sens neuf et définitif. Nous interrogerons également l’existence d’un doublet, « coup de sympathie », qui fera les frais d’un tri sélectif radical au XIXe siècle : sa disparition renseigne sur des évolutions théoriques plus larges qu’il s’agira de mettre en évidence. De la même façon, ce sont des nouveautés théoriques qui détermineront l’origine d’un geste de recyclage que la littérature doit à Crébillon. Son rôle est particulièrement important, puisque l’écrivain s’attachera à séparer la locution des découvertes scientifiques des années 1750 sur la foudre, leur ôtant leur pouvoir explicatif, afin de repositionner la question de l’amour de première vue dans le domaine de la morale.