Pirater l'avion, quelques cas de recyclages idiomatiques par l'écriture dans le ciel de Robert Filliou
En 1971, Robert Filliou, figure légendaire de l'art des années soixante et satellite Fluxus, décide d'écrire des poèmes dans le ciel. Les « skywatchers » avisés purent notamment y lire, quelques années plus tard, « l'amour est un ovni ». Le poète réémet des locutions usées par l'...
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| Publicat a: | URI:https://journals.openedition.org/trans, |
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| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Publicat: |
TRANS-
2023
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| Accés en línia: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Sumari: | En 1971, Robert Filliou, figure légendaire de l'art des années soixante et satellite Fluxus, décide d'écrire des poèmes dans le ciel. Les « skywatchers » avisés purent notamment y lire, quelques années plus tard, « l'amour est un ovni ». Le poète réémet des locutions usées par l'emploi et pirate l'avion : l'emprunt ready-made est stratégique parce qu'il lui permet d'éviter de créer. Avec le Projet d'écriture dans le ciel, Filliou subvertit la figure auctoriale et s'efface derrière un geste anonyme, adressé de tous à tous. Il modifie radicalement le médium de l'expression poétique et son échelle. Il attend du lecteur une conversion du regard – lever les yeux, rêvasser, méditer. Si les syntagmes sont « recyclés », c'est parce que le poème est à l'image du nuage qui l'inspire : un état de la matière du monde, sujet à de constantes recompositions. Organique, il se réinsère dans la totalité sociale et participe d'une œuvre collective et continue. |
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