Toujours dire je : la confusion des genres
Dans son essai intitulé Ne jamais dire je, le critique américain Michael Lucey analyse les implications de la célèbre injonction de Proust à Gide : "Vous pouvez tout raconter, mais à condition de ne jamais dire je". Les relations complexes entre le tabou de l’homosexualité, la pratique de...
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| Publicado en: | URI:https://journals.openedition.org/trans, |
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| Autor Principal: | |
| Formato: | Article ou chapitre numérique |
| Idioma: | Français |
| Publicado: |
TRANS-
2012
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| Acceso en liña: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Résumé: | Dans son essai intitulé Ne jamais dire je, le critique américain Michael Lucey analyse les implications de la célèbre injonction de Proust à Gide : "Vous pouvez tout raconter, mais à condition de ne jamais dire je". Les relations complexes entre le tabou de l’homosexualité, la pratique de l’écriture et l’usage de la première personne façonnent le paysage littéraire du début du XXe siècle. C’est dans cette perspective que j’examine les oeuvres de Klaus Mann (1906-1949) et d’Annemarie Schwarzenbach (1908-1942), qui se caractérisent justement par cette exposition de la première personne (ou de la personne de l’auteur) que Proust déconseillait à Gide. Brouillant les frontières qui séparent ordinairement l’autobiographie de la fiction et la fiction du journalisme, Mann et Schwarzenbach façonnent un espace textuel où la déviance sexuelle et la disruption du genre sont dicibles. Ecrire à la première personne, écrire en son nom propre, devient l’opérateur d’une déterritorialisation des normes sociales, selon le terme de Deleuze et Guattari, qui permet d’échapper en dehors des limites imposées à la subjectivité ordinaire. |
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