De l’événement intramondain à l’événement discursif

Dans une première partie, je précise la façon dont on a fait de la grande fiction occidentale du XIXe siècle un archétype du récit, en insistant sur un point sur lequel on a peu insisté : la place qu’y occupe l’événement d’une manière très générale, au niveau de l’histoire racontée. Il est alors dit...

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Detaylı Bibliyografya
Yayımlandı:URI:https://journals.openedition.org/trans,
Yazar: Courtieu, Marc
Materyal Türü: Article ou chapitre numérique
Dil:Français
Baskı/Yayın Bilgisi: TRANS- 2011
Online Erişim:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Özet:Dans une première partie, je précise la façon dont on a fait de la grande fiction occidentale du XIXe siècle un archétype du récit, en insistant sur un point sur lequel on a peu insisté : la place qu’y occupe l’événement d’une manière très générale, au niveau de l’histoire racontée. Il est alors dit intramondain (R. Audet). Je montre la persistance de ce paradigme « essentialiste » (Popper) chez plusieurs narrativistes récents (I. Lotman, J. Bres, F. Revaz). Puis j’évoque rapidement la remise en cause de ce paradigme, qui s’est faite aux alentours des années 1860, tant en littérature (Flaubert), qu’avec le darwinisme, qui introduit dans la pensée biologique une dimension de continuité en rupture avec le catastrophisme cuviériste. Cette remise en cause modifie radicalement la situation de l’événement dans l’économie narrative, et l’extension de son champ temporel. Les auteurs évoqués ici sont Gracq, Proust, Faulkner, Simon, Benet. La partie centrale de l’article se propose alors de préciser, dans un tel cadre, ce que serait un événement discursif (Audet), à partir de romans d’Eric Chevillard, d’Enrique Vila-Matas et de Jean-Benoît Puech. Ces romans seront dits déceptifs, si l’on vient y chercher un simple récit : l’événement y est déplacé dans tous les écarts discursifs, les gloses du narrateur, ses digressions, les « anges » digressifs (Chevillard) qui font que la lecture est sans cesse différée, retardée, toujours surprise. La conclusion enfin évoque le troisième type d’événements distingué par Audet : l’événement opéral, qui est celui de ces textes où l’écrivain est en première ligne, s’inventant dans et par son œuvre (Artaud, Gatti, Franketienne, Majrouh).