Traduire la règle, trahir la loi : la traduction de dix poèmes extraits de Voies de disparition de Simon Jardin
La poésie semble faire doublement figure de hors-la-loi dans le champ de la littérature contemporaine et la voix du poète paraît, aujourd’hui, condamnée à une forme d’exclusion. Simon Jardin considère en effet que les poètes des cinquante dernières années auraient été expropriés. Les moyens qui leur...
محفوظ في:
| الحاوية / القاعدة: | URI:https://journals.openedition.org/trans, |
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| المؤلفون الرئيسيون: | , |
| التنسيق: | Article ou chapitre numérique |
| اللغة: | Français |
| منشور في: |
TRANS-
2021
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| الموضوعات: | |
| الوصول للمادة أونلاين: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| الملخص: | La poésie semble faire doublement figure de hors-la-loi dans le champ de la littérature contemporaine et la voix du poète paraît, aujourd’hui, condamnée à une forme d’exclusion. Simon Jardin considère en effet que les poètes des cinquante dernières années auraient été expropriés. Les moyens qui leur étaient propres paraissent avoir été confisqués, notamment par la chanson et la publicité. Les slogans se sont emparés de la rime et de la versification, deux procédés que le marché éditorial de la poésie contemporaine tend à rejeter et dont Simon Jardin se ressaisit. Les auteurs ayant recours aux règles de la poésie qui en formaient jadis la voie royale se voient ainsi relégués aux marges de leur art, accusés de faire fausse route. D’une manière similaire, la traduction des rimes et des vers demeure décriée par l’édition contemporaine. La méfiance envers les règles héritées de la poésie croît et les rimes sont peu traduites, de crainte que la traduction ne bascule vers l’adaptation. La suprématie est accordée à la langue d’arrivée et les aspérités du langage sont volontiers gommées. Le travail de traduction de Voies de disparition de Simon Jardin par Amélie Derome s’inscrit dans une démarche de fidélité à la forme des poèmes : rimes et vers sont traduits. Cet article vise à montrer la manière dont la transposition des règles formelles contrevient aux normes de l’édition contemporaine et tend à faire de la traduction de la poésie une activité marginale, sinon illicite. |
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