Les contre-écritures de Maine de Biran (1766-1824) et de Samuel Taylor Coleridge (1772-1834)

Dans un monde désenchanté où aucun « lecteur universel » n’attend que nous produisions quoi que ce soit, et où toute validation ne peut être que circonscrite et conditionnelle, il peut être de plus en plus difficile de se convaincre qu’écrire compte. Une conscience aigüe de ce que le climat intellec...

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Veröffentlicht in:URI:https://journals.openedition.org/trans,
1. Verfasser: Bâcle, Benjamin
Format: Article ou chapitre numérique
Veröffentlicht: TRANS- 2016
Online Zugang:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Beschreibung
Zusammenfassung:Dans un monde désenchanté où aucun « lecteur universel » n’attend que nous produisions quoi que ce soit, et où toute validation ne peut être que circonscrite et conditionnelle, il peut être de plus en plus difficile de se convaincre qu’écrire compte. Une conscience aigüe de ce que le climat intellectuel et culturel tournait à un utilitarisme mettant l’accent sur la gratification immédiate, il y a quelque deux siècles de cela, a amené Maine de Biran et Samuel Taylor Coleridge à écrire, en marge de leurs publications plus ou moins bien pensées et reçues, contre le public, au sein de leurs Journal et Notebooks respectifs. Ces écrits, le lieu d’une exploration du moi supposée ne jamais passer le seuil de l’édition, étaient ainsi le lieu d’une résistance à la logique implacable de la recherche de reconnaissance, recherche d’autant plus douloureuse qu’elle était, pour Biran et Coleridge, vouée à demeurer insatiable. Jean-Paul Sartre avance cependant que ce genre de résistance au lectorat, particulièrement dans le contexte du dix-neuvième siècle bourgeois, ne pouvait guère qu’être ineffective, dans la mesure où elle ne se départait jamais vraiment, même dans l’absence et l’obscurité, de la psychologisation et de l’esthétisme vain. Avec Paul Ricœur néanmoins, il est possible de répondre à Sartre que toute résistance compte, précisément puisque nous sommes tous compromis, et ce dès le début et pour toujours.