L’époque capitaliste
Cet article défend l’idée que le capitalisme doit être compris comme un phénomène d’époque, c’est-à-dire comme une forme de vie spécifique, historiquement et temporellement limitée, avec des dynamiques sociales et temporelles qui la démarquent d’ères passées de l’histoire, et qui n’est pas destinée...
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| Publicat a: | URI:https://journals.openedition.org/traces, |
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| Autor principal: | |
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Idioma: | Français |
| Publicat: |
Tracés
2019
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| Accés en línia: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Sumari: | Cet article défend l’idée que le capitalisme doit être compris comme un phénomène d’époque, c’est-à-dire comme une forme de vie spécifique, historiquement et temporellement limitée, avec des dynamiques sociales et temporelles qui la démarquent d’ères passées de l’histoire, et qui n’est pas destinée à durer indéfiniment. La caractéristique la plus typique du capitalisme – une croissance économique séculaire soutenue en termes de capitaux par tête – a amené des bénéfices importants à l’espèce humaine, non seulement à travers l’augmentation du bien-être économique mais aussi en allouant aux individus des corps plus grands, plus forts, plus résistants, et par l’augmentation radicale de l’espérance de vie. Il a également rendu possible une remarquable hausse des pouvoirs techniques, éducatifs et scientifiques de la société. L’expérience de la croissance économique soutenue a suscité l’émergence d’un sens particulier du temps comme progressif et ouvert – rendant possible la conscience historique moderne. Dans le même temps, la marchandisation incessante des relations sociales dans le capitalisme a tendu à libérer les individus de la domination basée sur le statut personnel, mais aussi à les soumettre à des formes plus abstraites de domination. La destruction créatrice, mécanisme clé du capitalisme pour produire une croissance économique soutenue, a également produit un cycle impossible à maîtriser, fait de booms et de crises, créant de nouvelles formes d’insécurité tout en ayant tendance à faire sortir les gens de la pauvreté absolue. Le développement capitaliste a toujours été spatialement inégal. La forme de l’ère postcapitaliste dépendra de la manière dont nous utiliserons collectivement les pouvoirs que l’ère capitaliste a produits – la science et la technique, évidemment, mais aussi la conscience historique critique qui réside au cœur des sciences sociales historiques. |
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