La patience de l’Autre : Asie, sciences sociales, traduction

Pourquoi s’exposer à l’embarras de traduire les humanités et les sciences sociales de l’Asie ? Comment aller au-delà du constat d’un échange inégal entre le berceau occidental des disciplines et ce que proposent les penseurs du monde d’aujourd’hui ? En posant quelques jalons à partir de la Corée et...

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Pubblicato in:URI:https://journals.openedition.org/traces,
Autore principale: Delissen, Alain
Natura: Article ou chapitre numérique
Lingua:Français
Pubblicazione: Tracés 2018
Soggetti:
Accesso online:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrizione
Riassunto:Pourquoi s’exposer à l’embarras de traduire les humanités et les sciences sociales de l’Asie ? Comment aller au-delà du constat d’un échange inégal entre le berceau occidental des disciplines et ce que proposent les penseurs du monde d’aujourd’hui ? En posant quelques jalons à partir de la Corée et de l’Asie, on esquisse des pistes de réflexion fondées sur une expérience pratique. La traduction est abordée selon plusieurs angles : des flux de traductions à ce que pourrait être un programme d’histoire culturelle qui saisirait traduction et traducteurs dans une histoire longue, ou la contribution de l’activité traductrice aux débats qui traversent monde savant et espaces publics. On en retient deux points. Un premier souligne un surinvestissement du côté des notions. S’y néglige le trouble que produisent des manières d’argumenter éloignées des normes qui s’imposent à nous. Un second dénonce une illusion : l’espoir que, face au rendement décroissant de nos disciplines, une nouvelle batterie d’idées vienne vite les régénérer. La patience de l’Autre – la traduction réflexive – produit au ras des textes des outils d’analyse fine que les « aires culturelles », souvent tentées par le commentaire surplombant, déjouent.