Les travailleurs de la mer : désertions et débarquements des marins provençaux au xviiie siècle

Les navigants embarqués sur les navires marchands provençaux au xviiie siècle quittent fréquemment leurs navires au cours de leurs voyages, avec ou sans le consentement de leurs capitaines. Les abandons de navire sont liés au statut juridique des marins et aux conditions d’exercice du travail mariti...

Popoln opis

Shranjeno v:
Bibliografske podrobnosti
izdano v:URI:https://journals.openedition.org/traces,
Glavni avtor: Boer, Claire
Format: Article ou chapitre numérique
Jezik:Français
Izdano: Tracés 2017
Teme:
Online dostop:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Opis
Izvleček:Les navigants embarqués sur les navires marchands provençaux au xviiie siècle quittent fréquemment leurs navires au cours de leurs voyages, avec ou sans le consentement de leurs capitaines. Les abandons de navire sont liés au statut juridique des marins et aux conditions d’exercice du travail maritime sous l’Ancien Régime. Les marins n’ont en effet pas la liberté de quitter leur travail. Placés dans une relation de subordination, ils voient leur mobilité restreinte par le pouvoir royal. L’abandon du navire entraîne une rupture dans l’engagement de travail et est criminalisé. Les débarquements et désertions des navigants traduisent cependant des rapports de force qui s’expriment à bord des navires. Stratégie économique, forme de résistance ou moyen de négocier ses conditions de travail, ils témoignent de la capacité des travailleurs de la mer à saisir les multiples opportunités qui s’offrent à eux au cours des navigations. Ils expriment les façons dont ces hommes perçoivent leur travail et les conditions de son exercice au quotidien. Par leurs départs des navires et les discours mobilisés pour justifier le débarquement, les marins placent enfin leurs revendications à un droit à la mobilité sur le terrain d’une lutte morale. Ce faisant, ils redéfinissent collectivement les frontières du travail de la mer au xviiie siècle.