Capitalisme et société rurale

Le capitalisme n’a pas les mêmes répercussions dans toutes les régions où il pénètre. Selon les contextes, il peut même avoir des effets paradoxaux, en favorisant des couches sociales de propriétaires oisifs. Voilà ce que cherche à montrer Weber, dans cette conférence de 1904, en se concentrant sur...

Cur síos iomlán

Sábháilte in:
Sonraí bibleagrafaíochta
Foilsithe in:URI:https://journals.openedition.org/traces,
Príomhchruthaitheoir: Weber, Max
Formáid: Article ou chapitre numérique
Teanga:Français
Foilsithe / Cruthaithe: Tracés 2015
Ábhair:
Rochtain ar líne:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Cur síos
Achoimre:Le capitalisme n’a pas les mêmes répercussions dans toutes les régions où il pénètre. Selon les contextes, il peut même avoir des effets paradoxaux, en favorisant des couches sociales de propriétaires oisifs. Voilà ce que cherche à montrer Weber, dans cette conférence de 1904, en se concentrant sur le capitalisme agricole. Dans un premier moment, il compare les campagnes anglaises et américaines à celles du continent européen, où l’héritage historique oppose une résistance à l’invasion de l’esprit capitaliste. Cette inertie s’incarne dans des forces sociales dont Weber esquisse la sociologie : la classe des fonctionnaires d’État, l’armée et la monarchie héréditaire, les Églises, etc. Dans un second temps, Weber se penche sur l’Allemagne, clivée entre ses régions occidentales traditionnellement dédiées à la petite agriculture fermière, mais en pleine industrialisation, et ses confins orientaux voués à la grande agriculture capitaliste des Junker. D’où provient cette différence frappante d’organisation rurale et de destin historique ? Du fait qu’à l’aube des temps modernes, les seigneurs de l’Ouest ont pu continuer à employer leurs serfs comme « source de rente », alors qu’à l’Est, il a fallu les exploiter comme « force de travail » dans de grands domaines.