À quoi reconnaît-on l’émancipation ? La familiarité contre le paternalisme

À l’aide d’une lecture croisée de Pierre Bourdieu et de Ludwig Wittgenstein, cet article souhaite expliciter les conditions de fonctionnement pédagogique de tout projet d’émancipation. Comment ne pas répéter l’erreur classique du paternalisme moral, anti-émancipateur par excellence : « Je sais mieux...

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Detalles Bibliográficos
Publicado en:URI:https://journals.openedition.org/traces,
Autor Principal: Charbonnier, Sébastien
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado: Tracés 2013
Sujets:
Acceso en liña:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripción
Résumé:À l’aide d’une lecture croisée de Pierre Bourdieu et de Ludwig Wittgenstein, cet article souhaite expliciter les conditions de fonctionnement pédagogique de tout projet d’émancipation. Comment ne pas répéter l’erreur classique du paternalisme moral, anti-émancipateur par excellence : « Je sais mieux que toi ce qui est bon pour toi ; si tu ne le vois pas, je ferai alors ton bien malgré toi » ? Le problème est donc le suivant : y a-t-il des pratiques éducatives qui permettent de transformer réellement l’individu (contre les formes scolastiques de l’apprentissage qui demeurent inefficientes, notamment en termes d’émancipation) sans devenir manipulation, c’est-à-dire qui réussissent à créer des dispositifs ouverts quant à la forme et la direction que doit prendre l’émancipation ? Émanciper ne saurait donc consister à proposer une « meilleure solution » par rapport aux déterminations premières dans la vie d’un individu. Cela ne peut que passer par l’expérience du doute, par la capacité à remettre en cause certaines évidences pour soi afin de créer du jeu dans ses croyances, donc dans ses choix pratiques. En prenant en compte les analyses de Bourdieu sur les dérives scolastiques de certaines pratiques scolaires, ainsi que la critique radicale de Rancière sur les dérives dangereuses de la posture émancipatrice, cette contribution voudrait faire fonctionner le concept de « jeu de langage » créé par Wittgenstein pour construire une idée de l’émancipation réaliste dans ses mécanismes concrets, mais qui ne cède en rien sur les ambitions de faire penser le plus grand nombre possible.