Le sociologue et le prophète. Weber et le destin des modernes

Dans les sociétés modernes, le statut de fondement normatif qu’on peut accorder à une autorité qui soit spécifiquement intellectuelle constitue, pour la philosophie comme pour la sociologie, une question décisive. La thèse ici défendue est qu’elle est une question de sociologie avant d’être une ques...

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Veröffentlicht in:URI:https://journals.openedition.org/traces,
1. Verfasser: Karsenti, Bruno
Format: Article ou chapitre numérique
Sprache:Français
Veröffentlicht: Tracés 2013
Schlagworte:
Online Zugang:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Beschreibung
Zusammenfassung:Dans les sociétés modernes, le statut de fondement normatif qu’on peut accorder à une autorité qui soit spécifiquement intellectuelle constitue, pour la philosophie comme pour la sociologie, une question décisive. La thèse ici défendue est qu’elle est une question de sociologie avant d’être une question de philosophie. Plus exactement, comme le montre l’œuvre wébérienne, elle se détache sur fond d’une sociologie comparée des religions, et s’éclaircit tout particulièrement dans l’opposition, qui est au centre de la conférence La vocation de savant de 1917, entre une certaine figure dévoyée du prophétisme, celle du « prophète de la chaire », et le savant en possession d’une éthique professionnelle bien fondée. Sous cet angle, la lecture critique qui est faite de ce texte célèbre s’efforce de montrer que, loin d’abolir toute référence à la religion en contexte sécularisé, la réflexion de Weber culmine en une redéfinition de ce qu’elle peut signifier pour les modernes, si tant est qu’ils sont encore en mesure de se porter à la hauteur du destin singulier qui les caractérise.