Contagion morale et transmission des maladies : histoire d’un chiasme (xiiie-xixe siècle)
L’origine du concept de contagion n’est pas certaine, mais il semble appartenir très tôt au domaine de la morale, avant même que la médecine ait théorisé la nature des épidémies. En Occident, jusqu’au xiiie siècle, le thème de la contagion morale se développe en contexte théologique (contagion des p...
Sábháilte in:
| Foilsithe in: | URI:https://journals.openedition.org/traces, |
|---|---|
| Príomhchruthaitheoir: | |
| Formáid: | Article ou chapitre numérique |
| Teanga: | Français |
| Foilsithe / Cruthaithe: |
Tracés
2012
|
| Ábhair: | |
| Rochtain ar líne: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Achoimre: | L’origine du concept de contagion n’est pas certaine, mais il semble appartenir très tôt au domaine de la morale, avant même que la médecine ait théorisé la nature des épidémies. En Occident, jusqu’au xiiie siècle, le thème de la contagion morale se développe en contexte théologique (contagion des péchés, des vices et des hérésies) sans référence explicite à un modèle contagionniste issu de la médecine, bien que les maladies comme la lèpre ou la peste soient toujours associées à certains vices. L’un des buts de cet article est de montrer que l’arrivée de la médecine arabe transforme la perspective des théologiens et des moralistes qui ont désormais à leur disposition un modèle médical et philosophique pour expliquer comment certaines passions et certains vices peuvent se transmettre d’un individu à l’autre. Ce schéma explicatif, qui n’a plus rien d’une métaphore, reste en usage jusqu’à l’aube du xixe siècle, au moment où les progrès de la recherche médicale le rendent caduc. Paradoxalement donc, dans les sciences sociales naissantes à la fin du xixe siècle, l’usage du concept de contagion redevient descriptif, voire métaphorique. |
|---|