Hiérarchie des légitimités. Obstacle et défi à la connaissance des violences carcérales

Cet article propose d’analyser empiriquement les obstacles moraux à la connaissance des violences carcérales du fait de la hiérarchisation des légitimités des violences. La violence semble évidente en prison. Il s’agit dans un premier temps, à partir des spécificités de la prison, de saisir les form...

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מידע ביבליוגרפי
הוצא לאור ב:URI:https://journals.openedition.org/traces,
מחבר ראשי: Rostaing, Corinne
פורמט: Article ou chapitre numérique
שפה:Français
יצא לאור: Tracés 2012
נושאים:
גישה מקוונת:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
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סיכום:Cet article propose d’analyser empiriquement les obstacles moraux à la connaissance des violences carcérales du fait de la hiérarchisation des légitimités des violences. La violence semble évidente en prison. Il s’agit dans un premier temps, à partir des spécificités de la prison, de saisir les formes que prend la violence institutionnelle, au-delà des discours institués sur les violences interpersonnelles. Comment étudier la violence dans une institution qui, par sa mission et par son dispositif est elle-même productrice de violences ? Comment inviter les enquêtés à parler de violence alors que la prison incite aux faux-semblants du fait de cette difficulté à rester soi-même et à la nécessité de « paraître sauvage » ? Il s’agit dans un second temps, partant du constat que les formes de violence ne se valent pas toutes, d’interroger les principes de hiérarchisation des légitimités des violences observables en prison et ses effets sur l’enquête. Certains types de violences sont plus légitimes que d’autres, dans la mesure où ils reçoivent une reconnaissance officielle. Les violences sont traitées différemment en fonction du statut de la victime, selon qu’il s’agit d’un détenu ou d’un membre du personnel. Le sociologue peut centrer son regard sur certaines violences particulièrement taboues : sexuelles, celles des personnels sur les détenus ou celles entre personnels. Ces différents obstacles à la connaissance de la violence peuvent alors devenir des outils de connaissance.