Sur quelles bases aborder le débat sur la loi, la mémoire et l’histoire ?

Le débat sur les « lois mémorielles » n’a pas été posé sur des bases pertinentes par l’appel « Liberté pour l’histoire » de décembre 2005, qui, au plus fort de la contestation de la loi sur la colonisation, l’associait à la loi Gayssot, à celle reconnaissant le génocide des Arméniens et à la loi Tau...

Full beskrivning

Sparad:
Bibliografiska uppgifter
I publikationen:URI:https://journals.openedition.org/traces,
Huvudupphovsman: Manceron, Gilles
Materialtyp: Article ou chapitre numérique
Språk:Français
Publicerad: Tracés 2011
Ämnen:
Länkar:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Beskrivning
Sammanfattning:Le débat sur les « lois mémorielles » n’a pas été posé sur des bases pertinentes par l’appel « Liberté pour l’histoire » de décembre 2005, qui, au plus fort de la contestation de la loi sur la colonisation, l’associait à la loi Gayssot, à celle reconnaissant le génocide des Arméniens et à la loi Taubira. Il accusait, en bloc, des articles de ces quatre lois d’avoir « restreint la liberté de l’historien », de lui avoir « dit, sous peine de sanctions, ce qu’il doit chercher et ce qu’il doit trouver », de lui avoir « prescrit des méthodes et posé des limites » et même d’être, toutes quatre, « indignes d’un régime démocratique ». Malgré les travaux prestigieux de nombre de ses signataires, ce texte n’apparaît pas comme une base de réflexion rigoureuse sur le sujet. Certes, ce n’est pas à la loi de dire la vérité en histoire. Mais nous devons formuler autrement le problème du rôle de la loi par rapport aux enjeux de mémoire, et, plus généralement, le problème des risques d’instrumentalisation de l’histoire. Pour ma part, je m’inscris dans le prolongement de la contestation de la loi de février 2005, marquée par la constitution du Comité de vigilance sur les usages publics de l’histoire (CVUH). Il s’agit, tout en tenant compte de l’existence, voire du bien-fondé, des demandes mémorielles, de défendre l’autonomie de la recherche.