Partager des ampoules, manipuler des seringues. L’auto-endocrinologie comme protocole de politisation

Cet article documente l’utilisation détournée de deux objets médicaux – la seringue et l’ampoule de testostérone – dans le cadre de l’usage collectif et illégal de cette hormone par trois jeunes femmes atteintes d’endométriose, dans l’espoir de soulager leurs douleurs. Dans ce cas original d’automéd...

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In:URI:https://journals.openedition.org/traces,
Main Author: Hatem, Victoria
Format: Article ou chapitre numérique
Language:Français
Published: Tracés 2026
Subjects:
Online Access:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Description
Summary:Cet article documente l’utilisation détournée de deux objets médicaux – la seringue et l’ampoule de testostérone – dans le cadre de l’usage collectif et illégal de cette hormone par trois jeunes femmes atteintes d’endométriose, dans l’espoir de soulager leurs douleurs. Dans ce cas original d’automédication fondé sur l’appropriation de la technique médicale de la piqûre, l’endocrinologie est pratiquée en dehors de tout cadre institutionnel. Deux types de relations émergent entre les objets et leurs utilisatrices, qui tantôt se soumettent aux contraintes qu’ils leur imposent, tantôt parviennent à mettre en place des ajustements collectifs. Des enchaînements complexes se donnent alors à voir : en obligeant les malades à construire un dispositif collectif, les objets produisent une relation qu’elles qualifient de « sororité », convertie ensuite en ressource pour s’adapter à la matérialité, voire la réinventer.