L’expertise médicale dans une affaire d’avortement au Maroc : le corps comme terrain de confrontation de la preuve

Cet article explore les opérations par lesquelles le droit et la science construisent une narration scientifiquement et juridiquement pertinente. Il s’appuie sur des observations ethnographiques réalisées lors d’un procès pour avortement d’une journaliste marocaine reconnue pour ses opinions critiqu...

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Dans:URI:https://journals.openedition.org/traces,
Auteur principal: Benalioua, Mariam
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: Tracés 2025
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Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Description
Résumé:Cet article explore les opérations par lesquelles le droit et la science construisent une narration scientifiquement et juridiquement pertinente. Il s’appuie sur des observations ethnographiques réalisées lors d’un procès pour avortement d’une journaliste marocaine reconnue pour ses opinions critiques. L’utilisation de l’expertise médicale par le parquet de Rabat, dans le but de revendiquer l’impartialité de la justice dans cette affaire, a suscité un débat national sur les libertés individuelles et politiques, transformant ainsi ce cas en une « affaire ». La journaliste a été soumise de force à une expertise médicale peu de temps après son arrestation, et les résultats de cette expertise ont été largement diffusés dans les médias alors même que l’enquête était en cours. Cela a conféré à cette expertise un rôle central dans la construction des arguments, en faveur ou contre l’avortement, tant du côté des acteurs judiciaires que des acteurs extrajudiciaires. L’article s’efforce d’analyser les stratégies utilisées pour établir la vérité sur la base d’une seule preuve scientifique lors d’un procès, ainsi que les différentes manières dont cette preuve se trouve construite et déconstruite par le procureur et la défense pour établir une « vérité judiciaire ».