« Les feuilles amères avaient un goût sucré » : la faim dans le Kampuchéa démocratique (1975-1979)

Les Khmers rouges des années 1975 à 1979 ont engagé le Cambodge dans une révolution agraire qui a occasionné une des famines les plus meurtrière du xxe siècle. Cette violence produite tant par le travail forcé que par la pénurie de nourriture est à comprendre comme une violence d’État. Toutefois la...

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Библиографические подробности
Опубликовано в: :URI:https://journals.openedition.org/traces,
Главный автор: Privat-Lozé, Sarah
Формат: Article ou chapitre numérique
Язык:Français
Опубликовано: Tracés 2022
Предметы:
Online-ссылка:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Описание
Итог:Les Khmers rouges des années 1975 à 1979 ont engagé le Cambodge dans une révolution agraire qui a occasionné une des famines les plus meurtrière du xxe siècle. Cette violence produite tant par le travail forcé que par la pénurie de nourriture est à comprendre comme une violence d’État. Toutefois la compréhension de la famine ne saurait se réduire à cette seule logique rationnelle qui rabat l’élimination par la faim à sa dimension mécanique. Nous nous proposons d’aborder cette famine à « hauteur d’homme » dans une perspective micro- historique et de l’interroger dans un « jeu » et « je » d’échelles qui permettent de percevoir l’intimité de cette expérience. Une enquête conduite dans la coopérative de Peam Ek, région de Battambang, permet de saisir l’extrême vulnérabilité d’une population engagée dans une quête obsédante de nourriture, et d’approcher cette expérience de la faim telle qu’elle est restituée dans les récits des survivants. Une attention particulière est portée à l’agir des acteurs sociaux et à l’interaction entre cadres Khmers rouges et membres des coopératives. Elle permet de voir que dans l’espace clos des coopératives se dessinent des logiques et mécanismes locaux, des stratégies qui réfléchissent ou infléchissent la politique du comité central engagé dans une « bataille par la faim ».