L’espace de la conversation en ligne : cadre et hors cadre de nos voix

Les écrans cadrent. Cadrer revient à soustraire : pour que quelque chose soit visible, d’autres choses ne devront pas l’être. Ici nous ambitionnons d’éclairer les enjeux de cette soustraction. En faisant référence aux usages des applications de messagerie instantanée, nous essayons de montrer commen...

Ausführliche Beschreibung

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Bibliographische Detailangaben
Veröffentlicht in:URI:https://journals.openedition.org/tipa,
1. Verfasser: Cavallari, Peppe
Format: Article ou chapitre numérique
Sprache:Français
Veröffentlicht: TIPA. Travaux interdisciplinaires sur la parole et le langage 2026
Schlagworte:
Online Zugang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Beschreibung
Zusammenfassung:Les écrans cadrent. Cadrer revient à soustraire : pour que quelque chose soit visible, d’autres choses ne devront pas l’être. Ici nous ambitionnons d’éclairer les enjeux de cette soustraction. En faisant référence aux usages des applications de messagerie instantanée, nous essayons de montrer comment la spatialité des écrans des « machines à communiquer » (Perriault, 1989) ne se borne donc pas à ce qui s’affiche et se donne à voir et à lire à l’écran, car elle englobe l’invisible, ce qui reste en dehors du cadre tout en participant au même espace d’action. Ici, avec une approche interdisciplinaire mobilisant la phénoménologie, les études théâtrales et les études des médias, nous essayons de nous focaliser sur ce qui, dans nos communications quotidiennes par écrans interposés, reste en dehors du cadre de l’écriture et de la lecture conversationnelle. L’invisible n’est pas que visuel, il est sonore aussi : il empiète sur tout ce que l’on n’entend pas. Lors d’une communication audio-vidéo par écran, je n’entends pas celui que je ne vois pas (Lenay, A., 2025). L’autre apparaît à l’écran par sa voix, l’activation de son microphone éclaire son visage, de même que son écriture active notre écoute. Ici, il est question d’une écoute spéciale, l’écoute de l’écriture de l’autre, l’écoute de ses messages écrits que nous lisons par notre voix intérieure. Cette voix intérieure, qui nous fait écouter notre propre voix pendant que nous écrivons et lisons, nous permet d’écouter l’autre lorsque nous lisons ses messages. Nous l’écoutons à travers notre voix intérieure, en cherchant une écoute apparemment impossible : écouter l’autre nous écouter (Szendy, 2011). Dans ce travail, nous essayons de penser un audiovisuel pour ainsi dire négatif, celui de l’articulation entre l’inaudible et l’invisible, deux dimensions qui, à travers l’écrilecture (Cavallari, 2025) sont pris dans un rapport de suppléance et de virtualisation réciproque.