Fontenelle “esprit fort”

Pour saisir la pensée de Fontenelle sur la religion, il convient de remarquer qu’il invente un langage philosophique qui refuse délibérément et le discours des métaphysiques et de la théologie traditionnelles et la perspective des historiens anciens ou modernes de la philosophie. Dès les Dialogues d...

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Pubblicato in:URI:https://journals.openedition.org/theoremes,
Autore principale: Dagen, Jean
Natura: Article ou chapitre numérique
Lingua:Français
Pubblicazione: ThéoRèmes 2016
Soggetti:
Accesso online:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrizione
Riassunto:Pour saisir la pensée de Fontenelle sur la religion, il convient de remarquer qu’il invente un langage philosophique qui refuse délibérément et le discours des métaphysiques et de la théologie traditionnelles et la perspective des historiens anciens ou modernes de la philosophie. Dès les Dialogues des morts, il use d’une critique nominaliste capable de réduire toute doctrine religieuse à du verbalisme. Il développe selon une logique d’inspiration cartésienne, revendiquée dans la Digression, un rationalisme de méthode propre à dénoncer les récits et fables dont se constituent les traditions et singulièrement les dogmes chrétiens. À l’idée de providence il oppose la connaissance des lois de la nature, comme à l’occasionnalisme théologique le principe de causalité ; s’il médite sur la Pluralité des mondes, c’est sans songer à un créateur. De la puissance de l’imagination, qui n’invente que mythes, croyances et rites, il se défend dans les Oracles avec l’aide du simple bon sens. Agnostique, il parodie les preuves de l’existence de Dieu et conçoit des organisations sociales et politiques exemptes de religion (Histoire des Ajaoiens). Il paraîtrait raisonnable selon Fontenelle de penser que la liberté et le progrès de l’esprit sont nécessaires, et peut-être probables, quand la raison qui inventa la « géométrie de l’infini » devient pertinente dans les sciences de l’homme et les arts.