Du Brésil à Loudun. Réflexions sur la torture passée et présente chez Michel de Certeau

Dans cet article, nous tenterons de situer l’action politique et religieuse forgée par Michel de Certeau dans le cadre de ses réflexions sur la torture à partir de deux cas. En 1970, son œuvre est marquée par diverses zones, formant un véritable « nœud gordien » : on y trouve ainsi une extraordinair...

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Detalles Bibliográficos
Publicado en:URI:https://journals.openedition.org/theoremes,
Autor Principal: Freijomil, Andrés Gabriel
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado: ThéoRèmes 2025
Sujets:
Acceso en liña:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripción
Résumé:Dans cet article, nous tenterons de situer l’action politique et religieuse forgée par Michel de Certeau dans le cadre de ses réflexions sur la torture à partir de deux cas. En 1970, son œuvre est marquée par diverses zones, formant un véritable « nœud gordien » : on y trouve ainsi une extraordinaire concentration de sujets proches du premier Certeau et annonçant à la fois l’arrivée de sa figure publique la plus connue. Parmi ce vaste ensemble, nous travaillerons sur deux aspects reliés par une sorte de fil invisible. En premier lieu, nous nous intéresserons à sa dénonciation des tortures du régime dictatorial brésilien en décembre 1969 dans le cadre d’un dossier intitulé « Livre noir. Terreur et torture au Brésil », paru dans la revue Croissance des jeunes nations et composé d’une série de documents introduits par un prologue rédigé par l’auteur lui-même. En second lieu, nous nous intéresserons à la publication de son premier ouvrage historique par le biais du réseau intellectuel jésuite, portant sur la violence d’un cas de possession démoniaque à Loudun au xviie siècle. C’est précisément dans La Possession de Loudun que Michel de Certeau récupérait la phrase de clôture du prologue pour le dossier sur les tortures au Brésil : « Partout où la sauvagerie remonte d’une histoire jamais sûre, nous la combattrons ». Selon la perspective certalienne, bien que l’historien lutte toujours contre les résistances d’un passé qu’il doit reconnaître comme altérité, dans ces deux cas particuliers, la récupération des paroles fixées par les documents est marquée par la violence de la méthode répressive utilisée pour les obtenir : qu’il s’agisse de la torture appliquée aux persécutés politiques ou de l’exorcisme pratiqué sur le corps des possédées.