Une ontologie du commandement ?

On s’intéresse dans cet article à la contribution d’auteurs issus de l’exégèse scripturaire brahmanique (en sanskrit : Mīmāṃsā) à l’histoire de l’ontologie dans l’Inde du premier millénaire. Ce faisant, on cherche à mieux comprendre ce que signifie « philosopher » pour ces intellectuels voués à l’in...

Full beskrivning

Sparad:
Bibliografiska uppgifter
I publikationen:URI:https://journals.openedition.org/theoremes,
Huvudupphovsman: David, Hugo
Materialtyp: Article ou chapitre numérique
Språk:Français
Publicerad: ThéoRèmes 2017
Länkar:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Beskrivning
Sammanfattning:On s’intéresse dans cet article à la contribution d’auteurs issus de l’exégèse scripturaire brahmanique (en sanskrit : Mīmāṃsā) à l’histoire de l’ontologie dans l’Inde du premier millénaire. Ce faisant, on cherche à mieux comprendre ce que signifie « philosopher » pour ces intellectuels voués à l’interprétation, dans une perspective ritualiste, d’un texte jugé comme éternel et infaillible. Le point de départ de l’enquête est l’opposition entre deux conceptions rivales de l’être (sattā), apparues simultanément au tournant des viie et viiie siècles au sein de cette école : l’être compris comme présence, l’être envisagé comme propriété de l’objet d’une connaissance valide. Après avoir brièvement caractérisé ces deux thèses (Section 1), on s’efforce de les situer au croisement de deux problématiques qui concernent le statut du Texte Sacré, à savoir la compréhension du caractère « hors normes » de l’objet du Veda (Section 2) et l’interprétation du phénomène linguistique du commandement (vidhi ou niyoga), central s’agissant d’un texte considéré comme essentiellement normatif (Section 3). L’hypothèse ici défendue est que cette double matrice, herméneutique et linguistique, occasionne l’élaboration controversée d’une « ontologie du commandement » et justifie de ce fait l’irruption des exégètes dans un domaine métaphysique réservé jusqu’alors aux tenant des philosophies « naturelles ».