« C’est pour le bébé ». Moralisation des femmes, individualisation de la responsabilité et disparités de classe dans le travail de soins pendant la grossesse

À partir d’une enquête de terrain réalisée en Île-de-France entre 2014 et 2017, cet article interroge les limites du gouvernement des corps et des conduites autour de la grossesse, au double sens des contours de ce gouvernement et des tensions à l’œuvre. La sanitarisation des grossesses est abordée...

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Vydáno v:URI:https://journals.openedition.org/teth,
Hlavní autor: Boulet, Elsa
Médium: Article ou chapitre numérique
Vydáno: Terrains/Théories 2023
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On-line přístup:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
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Shrnutí:À partir d’une enquête de terrain réalisée en Île-de-France entre 2014 et 2017, cet article interroge les limites du gouvernement des corps et des conduites autour de la grossesse, au double sens des contours de ce gouvernement et des tensions à l’œuvre. La sanitarisation des grossesses est abordée à partir du travail sur lequel elle repose : le travail des professionnel·les qui consiste à influencer et surveiller le comportement des patientes, et le travail des femmes enceintes engagées dans une production domestique de soins. L’encadrement des grossesses n’est pas une application impartiale de connaissances biologiques ou médicales : il s’agit de contrôler les femmes et d’orienter leurs comportements selon une norme de la « bonne maternité ». Cette norme articule l’institution du fœtus comme personne et sujet des soins, la prédominance du risque, et l’injonction au dévouement maternel. Elle n’est pas qu’un discours, mais elle est ancrée dans l’organisation concrète du parcours de soin et dans les pratiques routinières des professionnel·les. La modification du mode de vie apparaît comme le critère d’évaluation de la valeur maternelle. L’individualisation de la responsabilité sanitaire occulte le poids des rapports de genre et de classe. La préservation de la santé apparaît comme une prérogative féminine ce qui reconduit une division inégalitaire des tâches et des responsabilités au sein des couples de sexe différent. De plus, la position sociale détermine des conditions de vie, de travail, et des ressources disponibles qui ont un effet sur la santé et qui délimitent ce qui est possible ou pas en matière de modification de la vie quotidienne. La position sociale va également de pair avec une appréhension située de la santé et de la responsabilité maternelle.