Bursuram, musicien des dieux en Inde centrale
À travers la figure de Bursuram, cet article interroge le statut, le rôle et la catégorie de spécialiste rituel, et en particulier celle des musiciens de caste Ganda, dans la région du Bastar en Inde centrale. Ces musiciens jouent pour les mariages et pour les rituels de possession, et sont bien sou...
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| Dans: | URI:https://journals.openedition.org/teth, |
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| Auteur principal: | |
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Langue: | Français |
| Publié: |
Terrains/Théories
2022
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| Sujets: | |
| Accès en ligne: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Résumé: | À travers la figure de Bursuram, cet article interroge le statut, le rôle et la catégorie de spécialiste rituel, et en particulier celle des musiciens de caste Ganda, dans la région du Bastar en Inde centrale. Ces musiciens jouent pour les mariages et pour les rituels de possession, et sont bien souvent devins-guérisseurs et médiums également. Ils vivent, non pas de leurs savoir-faire rituels, mais souvent d’agriculture et de travaux journaliers aussi durs que variés. Ces activités religieuses qu’ils exercent un peu à mi-temps, à la fois par plaisir, par dévotion, par sens du devoir ou par obligation sociale et crainte des dieux, en font des spécialistes du monde invisible. L’article décrit la multiplicité de leurs rôles et identités, en montrant de quelles manières ils passent constamment et presque quotidiennement d’une activité à l’autre. Tout en décrivant les rapports entre musique et possession dans ce qui n’est autre qu’une forme locale d’hindouisme, il met en relief les passages, les glissements, les transformations et la fluidité qui caractérisent tout autant le mode de vie de ces spécialistes/officiants, que leur cosmologie et les entités qui constituent celle-ci, à commencer par le hautbois, instrument-dieu à identité variable. Il souligne également le paradoxe entre, d’une part, le bas statut et l’impureté conférée aux musiciens et, d’autre part, le rôle central et le pouvoir rituel qui leur est confié à travers la musique. Car interpréter la musique des dieux, c’est interpréter la possession en devinant qui est Qui, et c’est aussi juger de son authenticité. Situé au point de rencontre (sonore) entre visible et invisible, le musicien passe ou fait passer d’un monde à l’autre. Que ce soit en tant que musicien ou en tant que médium, il maintient ce lien étroit entre les hommes et le monde invisible, pour rendre soudain audibles et visibles les dieux et les ancêtres. |
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