Des « mouvements émotionnels » à la mobilisation des émotions
Le réinvestissement récent de la question des émotions par la sociologie de l’action collective a donné lieu à deux lignes d’interprétation, la première attentive aux émotions « mobilisatrices », la seconde aux styles émotionnels que composent les mouvements sociaux dans leurs démonstrations publiqu...
Shranjeno v:
| izdano v: | URI:https://journals.openedition.org/teth, |
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| Glavni avtor: | |
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Jezik: | Français |
| Izdano: |
Terrains/Théories
2014
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| Teme: | |
| Online dostop: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Izvleček: | Le réinvestissement récent de la question des émotions par la sociologie de l’action collective a donné lieu à deux lignes d’interprétation, la première attentive aux émotions « mobilisatrices », la seconde aux styles émotionnels que composent les mouvements sociaux dans leurs démonstrations publiques. Il s’agit dans cet article de tester ces deux cadres d’analyse à partir du cas d’une forme récente de protestation – les mobilisations de victimes d’accidents collectifs – qui apparait d’emblée comme une candidate « naturelle » à l’explication par les émotions. Dans un premier temps, nous montrons les limites de l’hypothèse d’une « militance émotionnelle » qui obstrue la mise au jour de déterminants sociaux pourtant décisifs dans le passage à l’action collective des « victimes ». Puis, nous suivons les jeux sociaux d’imputation d’émotions qui participent aux luttes de (dis)qualification qui se portent sur ces associations. Enfin, nous resserrons la focale sur les expressions publiques d’émotions et sur la variabilité des configurations qui, soit les autorisent, soit les disqualifient. Car, si ce n’est pas le deuil qui mobilise les victimes, les victimes en revanche mobilisent le deuil, au point que les démonstrations publiques d’affliction constituent aujourd’hui une pièce centrale du répertoire d’action victimaire. |
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