Devenir (temporairement) « frontiste ». Ce que les rapports de genre et de classe disent du FN à partir d’en bas
À travers le retour réflexif sur une expérience d’enquête ethnographique dans un groupe de militant·es frontistes, cette contribution montre les logiques de structuration d’un groupement politique au croisement de plusieurs rapports de pouvoir. Cet article trouve sa raison d’être dans deux principes...
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| Publicado no: | URI:https://journals.openedition.org/teth, |
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| Autor principal: | |
| Formato: | Article ou chapitre numérique |
| Idioma: | Français |
| Publicado em: |
Terrains/Théories
2019
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| Assuntos: | |
| Acesso em linha: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Resumo: | À travers le retour réflexif sur une expérience d’enquête ethnographique dans un groupe de militant·es frontistes, cette contribution montre les logiques de structuration d’un groupement politique au croisement de plusieurs rapports de pouvoir. Cet article trouve sa raison d’être dans deux principes méthodologiques et analytiques. D’abord, l’objectivation des relations d’enquête contribue à part entière à la compréhension d’une ou de plusieurs facettes de l’objet étudié, en mettant en exergue certaines de ses propriétés structurelles, son fonctionnement ou encore son économie symbolique. Ensuite, l’adoption d’un point de vue intersectionnel permet de penser systématiquement l’articulation de plusieurs dimensions sociales dans la production des relations d’enquête et, par conséquent, les effets de cette articulation dans la compréhension des processus sociaux qui produisent les groupes. Partant, cette contribution interroge les enjeux des relations d’enquête nouées en milieu frontiste à un moment clef de son histoire. Parallèlement à l’arrivée de Marine Le Pen à la tête du FN, le parti s’intègre de plus en plus au champ politique. Alors que son personnel, à partir de sa présidente, se veut partiellement nouveau, rajeuni, féminisé et soucieux d’afficher un visage du FN censé être plus accueillant, j’ai voulu interroger les rapports sociaux qui structurent l’organisation derrière sa façade. Une certaine proximité sociale avec les enquêté·es et les ressources rares, en lien avec ma féminité, que j’ai pu leur offrir ont déterminé l’ouverture et le déroulement du terrain et défini les modalités de mon engagement. Ce qui a permis de comprendre les ressorts variés de l’engagement qui font (et défont) le parti à partir d’en bas. La place que j’ai occupée au sein du groupe et la façon dont j’ai été amenée à investir certaines tâches militantes montrent comment les rapports de genre et de classe généralement défavorables aux femmes structurent le groupe militant en le construisant presque de toute pièce et confortent l’hégémonie hiérarchique de certain·es acteur·rices. |
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