En quête d’une tendance de mode dans un bureau de style parisien
Situés en amont de la filière de production, les « bureaux de style » destinent entièrement leurs activités à anticiper, détecter et analyser de quoi seront faites les prochaines tendances de mode. Deux années à l’avance, ils élaborent un « cahier de tendances » qui, annonce selon différents thèmes,...
Enregistré dans:
| Udgivet i: | URI:https://journals.openedition.org/teth, |
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| Hovedforfatter: | |
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Sprog: | Français |
| Udgivet: |
Terrains/Théories
2018
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| Fag: | |
| Online adgang: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Summary: | Situés en amont de la filière de production, les « bureaux de style » destinent entièrement leurs activités à anticiper, détecter et analyser de quoi seront faites les prochaines tendances de mode. Deux années à l’avance, ils élaborent un « cahier de tendances » qui, annonce selon différents thèmes, les concepts, les images, les couleurs et les textiles à venir. Si un bureau de style est en quête d’une tendance de mode, comment agit-elle sur son quotidien et sur ses acteurs ? Et réciproquement, comment ces derniers fabriquent-ils le support de cette tendance ? Mon enquête ethnographique dévoile les coulisses de fabrication d’un cahier de tendances en suivant les pratiques de recherche de l’équipe iconographique d’un bureau de style parisien. Ce support de la tendance se construit à partir d’une routine de travail, sans cesse réactivée par diverses échéances hiérarchiques et institutionnelles. Son quotidien est aussi ponctué par des manifestations éphémères imposées par le cycle de la mode qui révèlent la capacité de ce lieu à se métamorphoser. Commence alors un jeu entre les scènes et les coulisses, au sens donné par Erving Goffman, qui incite les acteurs à un perpétuel réaménagement de leur activité et de leur place. Le concept de la saison à venir est progressivement amené à l’existant à partir d’une recherche répétitive, sélective et colossale du matériel iconographique qui favorise l’incorporation d’un « savoir-voir » par l’éducation du regard de ces acteurs associé à un « savoir-lire » par une lecture sémiologique de l’image. Exposé au cours des salons textiles, le cahier de tendances est transmis aux entreprises clientes sans que le travail collaboratif dont il est issu soit reconnu. C’est cette dimension opaque que souhaite mettre en lumière cet article. |
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