Odeur des morts et esprit de famille (Anôsy, Madagascar)

Les Tanôsy du sud de Madagascar s’efforcent de réprimer l’expression, à la fois déplaisante et honteuse, de la mauvaise odeur des vivants. La puanteur cadavérique, elle, n’est ni éliminée ni masquée : aux funérailles, les morts sont longuement exposés, aucun parfum ne dissimule les miasmes de leur d...

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Dettagli Bibliografici
Pubblicato in:URI:https://journals.openedition.org/terrain,
Autore principale: Somda, Dominique
Natura: Article ou chapitre numérique
Lingua:Français
Pubblicazione: Terrain 2010
Soggetti:
Accesso online:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrizione
Riassunto:Les Tanôsy du sud de Madagascar s’efforcent de réprimer l’expression, à la fois déplaisante et honteuse, de la mauvaise odeur des vivants. La puanteur cadavérique, elle, n’est ni éliminée ni masquée : aux funérailles, les morts sont longuement exposés, aucun parfum ne dissimule les miasmes de leur décomposition. C’est le devoir des participants (parents, voisins et amis) que de les endurer. Il est ici montré comment l’odeur des morts, toutefois, fait l’objet d’un traitement. La cuisine funéraire est une conversion sensorielle et une production symbolique : cuisinières et convives transforment la viande des bœufs, substituts du défunt, en mets savoureux. L’élaboration et la consommation des repas funéraires manifestent un changement du sens des célébrations : le chagrin de la perte fait place à la jouissance de la fête.