Entre « assimilation » et « décivilisation » : l’imitation et le projet colonial républicain
La notion d’imitation a été au cœur du projet colonial de la iiie République. Loin de plaquer les significations du terme en sociologie ou en anthropologie, les acteurs coloniaux ont mis en œuvre des usages spécifiques du concept, qui empruntent à des savoirs pratiques, développés en marge des disco...
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| Pubblicato in: | URI:https://journals.openedition.org/terrain, |
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| Autore principale: | |
| Natura: | Article ou chapitre numérique |
| Lingua: | Français |
| Pubblicazione: |
Terrain
2009
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| Soggetti: | |
| Accesso online: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Riassunto: | La notion d’imitation a été au cœur du projet colonial de la iiie République. Loin de plaquer les significations du terme en sociologie ou en anthropologie, les acteurs coloniaux ont mis en œuvre des usages spécifiques du concept, qui empruntent à des savoirs pratiques, développés en marge des discours savants et inspirés par la synthèse néo-lamarckienne entre « milieu », « hérédité » et « imitation ». Ces usages sont inséparables des débats doctrinaires sur la « politique indigène » : dans les dernières années du xixe siècle, l’imitation est convoquée dans la polémique entre « assimilation » et « association » ; dans les années 1920 et 1930, elle est au centre de la « sociologie coloniale » de René Maunier. L’imitation est enfin et surtout objet de préoccupations de la part de l’administration coloniale. Dans la mesure où celle-ci se donne pour tâche de reproduire le grand partage entre « indigènes » et « citoyens », elle doit faire face à une double contrainte posée par l’existence de phénomènes mimétiques : si l’imitation est l’instrument privilégié de la « mission civilisatrice », elle remet en cause la dichotomie colonisateur/colonisé au fondement de la domination coloniale produisant des « décivilisés » européens et des « évolués » indigènes. |
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