Scènes médicales de la simulation

Cet article est basé sur une enquête ethnographique de dix-huit mois à la clinique de la mémoire, un centre de renommée mondiale situé aux États-Unis et spécialisé dans le diagnostic des maladies neurodégénératives (telles que la maladie d’Alzheimer ou la démence frontotemporale). Il prend pour poin...

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Detalhes bibliográficos
Publicado no:URI:https://journals.openedition.org/terrain,
Autor principal: Tessier, Laurence
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado em: Terrain 2019
Assuntos:
Acesso em linha:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrição
Resumo:Cet article est basé sur une enquête ethnographique de dix-huit mois à la clinique de la mémoire, un centre de renommée mondiale situé aux États-Unis et spécialisé dans le diagnostic des maladies neurodégénératives (telles que la maladie d’Alzheimer ou la démence frontotemporale). Il prend pour point de départ le contexte d’indécidabilité qui caractérise le diagnostic de ces affections ; contexte qui pose parfois la question de la réalité du diagnostic neurologique aux médecins, aux patients, à leurs proches et à l’ethnographe. J’aborde cette question à partir de la description des interactions de l’équipe médicale lorsqu’elle délibère au sujet de deux cas complexes de patients. Pour ces deux patients, les discussions en équipe aboutiront à l’attribution d’une catégorie diagnostique au statut d’entre-deux qui se nomme la phénocopie. Cette curieuse catégorie décrit une maladie neurodégénérative qui ne dégénère pas, ou alors très peu, très lentement (comme on me l’expliquera). En décrivant les conditions de l’attribution de la catégorie de phénocopie, son fonctionnement et ses effets, cet article s’intéresse aux rapports hésitants qu’entretient le savoir médical avec les notions de réalité et de simulation, de vérité et de mensonge. À partir des échanges de l’équipe au sujet de ces deux patients, je documente les tensions qui émergent relativement à la réalité de ce qui est donné à voir et à défendre, ainsi que la manière dont la phénocopie permet de surmonter l’opacité d’une situation pour laquelle on ne sait plus vraiment dire ce qui est réel et ce qui ne l’est pas.