Pourquoi les anthropologues n’aiment-ils pas les enfants ?

Très peu de travaux majeurs en anthropologie s’intéressent prioritairement aux enfants. On peut s’en étonner étant donné que presque toute l’anthropologie contemporaine est fondée sur la présupposition selon laquelle la culture est acquise et non innée. Cet essai examine les raisons de cette regrett...

Full beskrivning

Sparad:
Bibliografiska uppgifter
I publikationen:URI:https://journals.openedition.org/terrain,
Huvudupphovsman: Hirschfeld, Lawrence A.
Materialtyp: Article ou chapitre numérique
Språk:Français
Publicerad: Terrain 2008
Ämnen:
Länkar:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Beskrivning
Sammanfattning:Très peu de travaux majeurs en anthropologie s’intéressent prioritairement aux enfants. On peut s’en étonner étant donné que presque toute l’anthropologie contemporaine est fondée sur la présupposition selon laquelle la culture est acquise et non innée. Cet essai examine les raisons de cette regrettable lacune et propose des motifs, à la fois théoriques et empiriques, pour y remédier. Selon l’auteur, la réticence à donner la première place aux enfants dans la recherche résulte de la conjonction de deux erreurs : d’une part, une conception appauvrie de l’apprentissage culturel qui surestime le rôle joué par les adultes et sous-estime la contribution des enfants dans la reproduction culturelle ; d’autre part, un manque d’appréciation de l’étendue et de la force de la culture des enfants, particulièrement dans le façonnage de la culture des adultes. L’auteur souhaite mettre en évidence le fait que cette marginalisation des enfants et de l’enfance empêche de comprendre l’émergence et la continuité des formes culturelles. Deux études de cas, qui explorent les croyances des enfants nord-américains en matière de contamination sociale, serviront à illustrer ce propos.