Temps protestant et temps de la modernité : une fausse évidence ?
Cet article pose la question de la modernité du temps protestant. Il cherche à montrer que cette modernité s’est heurtée à de nombreuses résistances : refus du nouveau calendrier, longue subsistance de l’observation des fêtes traditionnelles, etc. D’autre part, le temps protestant est resté un temps...
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| Gepubliceerd in: | URI:https://journals.openedition.org/temporalites, |
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| Hoofdauteur: | |
| Formaat: | Article ou chapitre numérique |
| Taal: | Français |
| Gepubliceerd in: |
Temporalités
2020
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| Onderwerpen: | |
| Online toegang: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Samenvatting: | Cet article pose la question de la modernité du temps protestant. Il cherche à montrer que cette modernité s’est heurtée à de nombreuses résistances : refus du nouveau calendrier, longue subsistance de l’observation des fêtes traditionnelles, etc. D’autre part, le temps protestant est resté un temps chrétien, marqué par un début et une fin, que les théologiens ont longtemps cherché à dater précisément. Il ne se distingue par conséquent guère du temps catholique ; les différences n’apparaissent que marginalement sans que cela soit pour autant insignifiant. Quoi qu’il en soit, moins qu’une sécularisation du temps avec des jours qui auraient tous la même valeur c’est plutôt un nouvel ordre du temps qui se fait jour, avec l’importance grandissante du dimanche, avec la valorisation de certaines fêtes, avec des moments exceptionnels comme les jours de jeûne et avec cette année rythmée par les quatre cènes annuelles. En fin de compte, la principale contribution du protestantisme des xvie-xviiie siècles à la modernité est peut-être la valorisation de la maîtrise du temps, l’idée que le temps est un bien qu’il ne faut pas perdre, qui peut même faire gagner de l’argent. Ce temps qui s’inscrit dans le déclin d’un monde vieux – du moins est-ce ainsi qu’on le voit à la Renaissance – est un temps où il faut sans cesse faire effort pour se conformer au plan divin ; il ne faut donc pas le gâcher, le gaspiller dans des activités futiles ou dans l’oisiveté. Sans doute est-ce sur ce seul point qu’il se révèle très moderne, mais c’est décisif pour accompagner et favoriser le développement du capitalisme. |
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