Les ironies de (la) serendipity dans l’œuvre de Robert K. Merton

Dans quelles circonstances et pourquoi Robert K. Merton a-t-il rencontré l’idée de serendipity ? Quelle place occupe-t-elle dans son œuvre ? Cet article propose de reconstituer pas à pas l’histoire de cette rencontre, qui ne manque pas d’ironie ni de piquant. En elle-même « sérendipienne », la décou...

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Pubblicato in:URI:https://journals.openedition.org/temporalites,
Autore principale: Saint-Martin, Arnaud
Natura: Article ou chapitre numérique
Lingua:Français
Pubblicazione: Temporalités 2017
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Accesso online:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrizione
Riassunto:Dans quelles circonstances et pourquoi Robert K. Merton a-t-il rencontré l’idée de serendipity ? Quelle place occupe-t-elle dans son œuvre ? Cet article propose de reconstituer pas à pas l’histoire de cette rencontre, qui ne manque pas d’ironie ni de piquant. En elle-même « sérendipienne », la découverte accidentelle mais tellement féconde du mot serendipity ouvrit à Merton nombre de pistes de recherche au cours des années 1940. Le concept intrigant de la découverte fortuite qui – entre autres vertus – engendre des résultats de nature à transformer la théorie promettait d’enrichir et de renouveler la connaissance objective. Mais la serendipity était plus qu’une recette heuristique à appliquer en science. Chez Merton, c’était aussi l’objet privilégié et « auto-exemplifiant » d’une sémantique sociologique des concepts, dont l’ambition est d’étudier les itinéraires des terminologies dans la culture. En retraçant la genèse de la recherche qu’il mena avec Elinor Barber sur l’histoire du mot et des significations parfois volatiles de la serendipity (recherche plus ou moins terminée en 1958, mais publiée seulement en 2002), on parviendra à saisir pourquoi ce thème revêtait pour Merton un double intérêt stratégique, à la fois épistémologique et autobiographique. On comprendra aussi pourquoi une nouvelle traduction en français du premier fragment d’article dans lequel le sociologue conceptualise la serendipity en 1948 est de bonne méthode sérendipienne.