« C’est prévu pour quand ? »

L’idée que la grossesse puisse être formalisée par un calendrier spécifique, séquencé en mois et en trimestres, marqué par des seuils (seuil des 3 mois, période de réalisation des échographies, seuil de viabilité du fœtus, etc.) et délimité par une prévision de l’accouchement au jour près semble auj...

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Dades bibliogràfiques
Publicat a:URI:https://journals.openedition.org/temporalites,
Autor principal: Boulet, Elsa
Format: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicat: Temporalités 2025
Matèries:
Accés en línia:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Descripció
Sumari:L’idée que la grossesse puisse être formalisée par un calendrier spécifique, séquencé en mois et en trimestres, marqué par des seuils (seuil des 3 mois, période de réalisation des échographies, seuil de viabilité du fœtus, etc.) et délimité par une prévision de l’accouchement au jour près semble aujourd’hui aller de soi. Cet article interroge cette évidence en examinant la mise en nombre du temps de la grossesse sous l’angle de la quantification telle qu’elle a été définie par A. Desrosières : quelles sont les conventions qui président à la quantification du temps de la grossesse ? Quelles en sont les logiques sous-jacentes ? Quels sont les effets de ces opérations de quantification ? À partir d’une enquête qualitative menée dans deux maternités hospitalières franciliennes et d’une étude de la littérature secondaire, l’article retrace la généalogie de la mise en nombre de la grossesse depuis le début du xxe siècle et son évolution, puis il analyse le caractère normatif de cette quantification, ainsi que ses effets sociaux. Cette quantification repose, comme le révèle l’examen des conventions qui la sous-tendent, sur l’idée que l’ovulation est le premier jour de « vie » d’un individu-fœtus, qui constitue l’objet principal du parcours de soin. De plus, la mise en nombre du temps de la grossesse aboutit à sa standardisation, qui s’impose dans les pratiques, jusqu’à intervenir sur les processus physiologiques.